login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 7630
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil/commission

Large concordance de vues entre la présidence portugaise et la Commission sur les objectifs du semestre - Déclarations de M. Guterres et M. Prodi

Queluz, 10/01/2000 (Agence Europe) - Un "climat de coopération exceptionnelle et de très grande entente sur les priorités de la Présidence portugaise" a caractérisé, selon le Premier ministre Antonio Guterres, la traditionnelle rencontre entre la Présidence du Conseil de l'UE entrant en fonction et la Commission européenne, rencontre qui s'est déroulée lundi au Palais de Queluz, dans la banlieue de Lisbonne. Lors de la conférence de presse qui a ponctué la réunion, M. Guterres, le président Prodi et le ministre portugais des Affaires étrangères Jaime Gama ont développé les aspects suivants des travaux:

Sommet extraordinaire sur l'emploi et les réformes. Antonio Guterres a fait état d'une "vision conjointe" de la Présidence et de la Commission qui ont la volonté de "créer une Europe dynamique, compétitive et dotée d'un haut niveau d'emploi et de cohésion sociale". Présidence et Commission "travailleront ensemble, dans un grand esprit de coopération et sur la base d'une vision stratégique commune", afin de "simplifier et approfondir les différents processus" en cours (Luxembourg, Cardiff et Cologne) et pour y ajouter de "nouvelles dimensions", ainsi qu'une "nouvelle méthodologie de coopération" reposant, entre autres, sur des "indicateurs quantifiés" (pour les idées de M. Guterres en la matière, voir les pages suivantes). Pour Romano Prodi, ce sommet extraordinaire vient à un "moment très opportun" dans la mesure où "l'économie européenne est en croissance" et que "c'est donc le moment où l'on peut procéder à des changements". Et le président de la Commission d'ajouter: "Nous en avons les moyens. Ce serait une erreur de ne pas le faire. C'est ce que nous avons convenu ce matin". Il ne s'agit pas, a confirmé M. Prodi, de lancer un nouvel exercice, mais bien "d'agir en mettant en oeuvre les décisions qui ont été prises". Interrogé sur l'accord conclu par les syndicats et le gouvernement allemands sur le plan salarial, Antonio Guterres a indiqué qu'il était de "grande importance" car il constituera un "facteur de création de confiance" qui aura des "effets sur tout le continent" ; ce sera "un facteur extrêmement positif pour les réformes que nous voulons mener".

Elargissement de l'Union. M. Guterres a fait état d'une "identité totale des points de vue". Interrogé sur la visite qu'il effectuera cette semaine en Roumanie et en Bulgarie, Romano Prodi a indiqué qu'elle marquerait la détermination de l'UE à "engager un dialogue politique constructif et à entamer un processus de travail en commun" qui "sera un long chemin", mais qui aboutira à un succès sur la base de cette méthodologie. "Ce voyage sera suivi par d'autres dans d'autres pays", a-t-il ajouté. Par contre, il n'a pas été question en particulier de la Turquie, pays candidat pour lequel des conditions sont à remplir avant le lancement des négociations: "Il faut commencer des entretiens très francs et fréquents avec le gouvernement turc afin qu'il soit possible d'entamer le plus vite possible de véritables négociations", a ajouté le président de la Commission. Pour sa part, M. Guterres a assuré que le dialogue politique avec la Turquie allait "s'intensifier" (ce sera "l'un des thèmes sur lesquels le Conseil Affaires générales va se pencher") et que les "progrès à réaliser par la Turquie" seraient les mêmes que pour les autres pays candidats, à savoir les "critères de Copenhague". Le ministre des Affaires étrangères Jaime Gama a indiqué qu'il devait signer l'après-midi même une lettre dans laquelle il demande aux pays candidats leur avis sur les questions institutionnelles.

Conférence intergouvernementale sur la réforme institutionnelle. Après avoir indiqué que les "changements nécessaires pour préparer l'Europe à l'élargissement" avaient été examinés de façon approfondie au cours de la réunion, M. Prodi a souligné que les travaux préparatoires sous la Présidence portugaise seraient vitaux dans la mesure où "il faut conclure la CIG cette année" puisque "l'élargissement est la mission la plus importante à réaliser" à partir du 1er janvier 2003, et que les ratifications des résultats de la CIG prendront de "dix-huit à vingt mois". Donc, "on ne peut pas perdre un jour", a ajouté le président de la Commission. Interrogé sur l'éventuelle possibilité d'accorder au Conseil le pouvoir de dissoudre le PE, M. Guterres (qui a confirmé qu'il escomptait un élargissement de l'agenda de la CIG aux coopérations renforcées et aux aspects sécurité/défense: voir autre nouvelle aux pp.7/8) a indiqué lapidairement: "Ce n'est pas à l'ordre du jour de la CIG et la Présidence n'a pas l'intention de l'y introduire". Le président Prodi a observé que la codécision conduirait la GIG à aborder la "question de l'élargissement des compétences du PE" et qu'il y avait une logique à ce que "le cadre de la démocratie se développe" (le PE "aura de plus en plus de compétences et participera aux grandes décisions pour l'Europe", a-t-il estimé).

Méditerranée. M. Prodi s'est déclaré "entièrement d'accord avec la Présidence qui a manifesté la volonté très forte de mettre en place et d'approfondir une politique méditerranéenne" ; il estime, en effet, que la prospérité de l'UE "dépendra de la politique" qu'elle mène à l'égard de la Méditerranée du Sud. Interrogé sur l'invitation à la Libye, M. Prodi a confirmé qu'il y avait une discussion sur la date d'une rencontre entre la Commission et ce pays au cours de laquelle "tous les problèmes, y compris les plus délicats, seront discutés", y compris celui relatif à la découverte de pièces de missiles à Londres. "Je n'ai pas demandé la permission à quiconque", a ajouté le président de la Commission en affirmant: "Cela relève de mon autorité d'inviter ou de ne pas inviter". Il a encore précisé que cette question avait fait l'objet de "beaucoup d'échanges de vues" avec les Etats membres au cours des mois passés et qu'il ne savait pas, à ce stade, quand cette réunion pourrait avoir lieu. M. Guterres s'est limité à souligner la nécessité de nouer un dialogue avec "ceux qui peuvent adopter un comportement politique rationnel".

Fiscalité. "Je ne suis pas optimiste, mais nous avons décidé d'approfondir la question", a indiqué M. Prodi en espérant une "conclusion plus positive qu'à Helsinki". A cet égard, M. Guterres a estimé qu'il y avait une chance d'arriver à un accord si l'on parvenait à un "équilibre entre le volet taxation minimale de l'épargne et celui relatif au système d'échange d'informations" ("Si l'on traite la question de l'épargne à part, il sera quasiment impossible de parvenir à un accord", a-t-il dit).

Blocage des frontières par les camionneurs français. "Pour la Commission, le problème est d'agir tôt, rapidement, comme elle l'a fait pour la viande", a expliqué M. Prodi en affirmant que l'intention de la Commission était "de ne négliger aucun de ses devoirs". M. Guterres a ajouté que la discussion bilatérale sur ce sujet avait été "approfondie". Interrogé sur les mesures que la Commission pourrait décider, M. Prodi a indiqué qu'elles étaient actuellement à l'étude.

La session plénière entre le gouvernement portugais et la Commission avait été précédée par des rencontres bilatérales entre les différents Ministres qui présideraient les sessions du Conseil et les commissaires européens.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLEMENTS HEBDOMADAIRES