Les ministres européens des Affaires étrangères sont convenus, lundi 13 juillet, de renforcer les mesures restrictives de l’Union européenne concernant la situation au Soudan en ciblant des sources de financement du conflit. L'achat, l'importation ou le transfert dans l'UE d'or originaire du pays ont été interdits, tout comme la vente, la fourniture, le transfert ou l’exportation de mercure et de cyanure vers le Soudan.
Ces deux mesures s’accompagnent d’une interdiction de fournir des services connexes : - assistance technique ; - services de courtage ; - assistance financière.
La décision du Conseil de l'UE prévoit toutefois des dérogations. Les restrictions applicables au mercure et au cyanure ne s’appliquent ni aux biens destinés à des fins humanitaires, aux situations d’urgence de santé publique ni aux opérations de secours en cas de catastrophe.
La décision sera prochainement publiée au Journal officiel de l'UE.
L’UE exhorte « tous les acteurs étrangers » à stopper leur soutien. La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, avait exhorté, vendredi 10 juillet, « tous les acteurs étrangers » à « mettre immédiatement fin à tout soutien direct ou indirect, qui permet la poursuite du conflit et en aggrave l’intensité », rappelant les ‘Principes de Berlin pour le Soudan’.
La déclaration de Mme Kallas au nom de l'UE, n'a, une nouvelle fois, désigné aucun acteur étranger en particulier. Les Émirats arabes unis sont pourtant régulièrement accusés de fournir un appui logistique aux paramilitaires soudanais qui ont multipliés les attaques autour d’El Obeid, au Kordofan-Nord.
En outre, le Parlement européen avait adopté, jeudi 9 juillet, une résolution exigeant des sanctions de l'Union envers l'organisation 'Global Security Services Group', établie aux Émirats (EUROPE 13906/28). Trois jours plus tôt, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU avait ordonné une enquête urgente face au « risque imminent d'atrocités de grande ampleur ».
« Nous ne pouvons pas faire comme si nous ignorons ce qui se passe. Si nous voulons vraiment défendre les droits de l'homme, nous devons également nous attaquer avec détermination à ceux qui financent et attisent cette guerre », avait notamment déclaré l'eurodéputée Nela Riehl ('Verts/ALE').
Vendredi, Mme Kallas a réitéré l'appel de l'UE à « toutes les parties » en faveur d'un cessez-le-feu durable.
« Toute attaque visant la population civile, empêchant son passage en toute sécurité, ou toute action entravant délibérément l’accès de l’aide humanitaire aux personnes dans le besoin constitue une violation du droit international humanitaire et conduira l’UE à envisager des mesures fermes à l’encontre des responsables », a prévenu la Haute Représentante. (Bernard Denuit)