Lundi 13 juillet, lors de leur Conseil, les ministres des Affaires étrangères européens ont discuté du renforcement du soutien au secteur énergétique ukrainien, cible des frappes russes.
« L'hiver prochain, la Russie risque de frapper à nouveau le réseau électrique ukrainien ; nous nous y préparons donc. L'Ukraine a besoin de générateurs, de pièces détachées et de fonds pour les réparations », a résumé la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, à l’issue du Conseil.
« La Russie a déjà détruit les quatre cinquièmes de la capacité de production d'électricité ukrainienne. Nous sommes en juillet, ce qui signifie que l'hiver approche à grands pas », a noté le ministre polonais, Radosław Sikorski. Selon lui, il est urgent de fournir à l'Ukraine des fonds pour reconstruire ses centrales thermiques et créer des sources de production d'électricité décentralisées.
« La Russie tentera sans aucun doute de profiter du froid pour briser la volonté de résistance de l'Ukraine », a ajouté le ministre lituanien Kęstutis Budrys. Il a encouragé tous les pays à recenser les équipements plus anciens – qu’ils soient anciens ou moins fréquemment utilisés – et à recourir aux mécanismes de transport offerts par l’Union européenne afin qu’ils parviennent à l’Ukraine le plus rapidement possible.
« La Lituanie occupe la première place mondiale en termes de capacité de production et la troisième en termes de transformateurs. Elle a fourni à l’Ukraine tout ce dont elle avait besoin et entend poursuivre ses efforts », a-t-il prévenu.
« La sécurité énergétique sera peut-être l’un des domaines les plus importants dans lesquels l’Ukraine souhaite et a besoin de soutien pour l’hiver à venir », a confirmé la ministre bulgare, Velislava Petrova-Chamova, expliquant que son pays, « un grand pays en matière de transit de gaz », pouvait encore renforcer son soutien à l’Ukraine sur ce point. Elle a fait état « de possibilités concrètes de contributions supplémentaires en gaz pour aider l'Ukraine l'hiver prochain ».
En parallèle de la réunion de la 'Coalition des volontaires', qui s'est tenue à Paris, et à la suite du Sommet de l’OTAN (EUROPE 13905/1), les ministres sont aussi revenus sur l'aide à la défense antiaérienne pour Kiev. Mme Kallas, tout en saluant la décision américaine d’accorder une licence Patriot à l’Ukraine, a appelé les États membres qui possèdent des stocks à les mettre à la disposition de l'Ukraine.
« Poutine terrorise Kiev, car l'Ukraine ne dispose pas de suffisamment de missiles pour intercepter les missiles balistiques russes. Des appels pressants sont lancés à toute personne possédant de tels missiles, de préférence ceux en fin de vie, afin qu'elle les cède d'urgence à l'Ukraine », a ajouté le ministre polonais, rappelant que « le passage de l'octroi de licences à la production prend toujours du temps, et (que) l'Ukraine en a besoin immédiatement ».
À Paris, les dirigeants du Danemark, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, des Pays-Bas, de la Norvège, de l'Espagne, de la Suède, de l'Ukraine et du Royaume-Uni ont annoncé la création d'une Coalition antimissile balistique à vocation purement défensive, exprimant leur soutien à ce « projet phare visant à développer rapidement une capacité antimissile balistique », qui complétera les systèmes de défense antimissile balistique existants.
Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/mvc
Soutien aux Ukrainiens détenus dans les prisons russes. Par ailleurs, dans une déclaration au nom de l’UE, les Vingt-sept ont appelé la Russie et le Bélarus à garantir le retour « immédiat, sûr et inconditionnel » en Ukraine de tous les civils ukrainiens, y compris les enfants, détenus arbitrairement, expulsés illégalement et transférés de force. Selon Mme Kallas, ils seraient des milliers détenus illégalement dans les prisons russes, y compris dans les territoires ukrainiens occupés illégalement.
« Nous condamnons fermement le refus systématique de la Russie de confirmer l’identité, le lieu de détention et le sort des Ukrainiens détenus ou portés disparus, en violation de ses obligations au titre du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, et nous appelons tous les États à intensifier la pression coordonnée sur la Russie afin qu’elle remplisse ses obligations sans plus tarder », ont ajouté les Européens.
Devant les médias, la Haute Représentante de l’UE a annoncé que les ministres avaient adopté des sanctions visant le système pénitentiaire russe (EUROPE 13908/1) et se sont engagés à renforcer leur soutien aux ONG venant en aide aux victimes et à leurs familles. « Nous avons également mis en place un nouveau groupe informel chargé de coordonner l'action internationale en faveur de leur libération », a annoncé Mme Kallas.
Voir la déclaration sur les civils détenus en Russie : https://aeur.eu/f/mv5 (Camille-Cerise Gessant)