La Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, a souligné, lundi 13 juillet, que la navigation dans le détroit d’Ormuz devait rester gratuite.
Quelques minutes plus tôt, le président américain, Donald Trump, avait annoncé que les États-Unis « reprenaient le contrôle » du détroit d'Ormuz et imposeraient immédiatement des droits de douane sur la navigation à hauteur de 20% des cargaisons expédiées, des coûts « nécessaires à la garantie de la sûreté et de la sécurité dans cette région du monde particulièrement instable ».
« Avant la guerre, le détroit d'Ormuz était ouvert à la navigation sans péage. Après la fin du conflit, il doit le rester », a souligné Kaja Kallas à l’issue du Conseil 'Affaires étrangères', à Bruxelles, ajoutant que la navigation devait être libre. « Il n'y a pas de solution militaire pour le détroit d'Ormuz ; seuls le dialogue et la négociation permettront d'instaurer une paix durable et de rouvrir le détroit d'Ormuz librement et en toute sécurité, sans aucun prix à payer », avait résumé le ministre espagnol José Manuel Albares plus tôt dans la journée.
Si la Haute Représentante a rappelé que les partenaires de l’UE du Golfe, avec lesquels les ministres se sont entretenus lundi, jouaient « un rôle essentiel dans la stabilité régionale », plusieurs ministres ont appelé l’UE à s’engager davantage. L'Allemand Johann Wadephul a encouragé la Haute Représentante à « impliquer davantage l'Union européenne, car la réouverture du détroit d'Ormuz est cruciale pour notre économie ».
Selon le Portugais Paulo Rangel, « l'UE peut inciter les parties à renouer avec un cadre de dialogue afin de parvenir à un accord ». « Le fait que l'Iran ait de nouveau attaqué les États du Golfe n'arrange rien, car ces États, notamment ceux qui avaient une certaine capacité de médiation, se trouvent dans une position délicate », a-t-il ajouté.
« L'Europe est prête à assumer ses responsabilités », a promis l’Autrichienne Beate Meinl-Reisinger. Une coalition de volontaires est prête à assurer la sécurité du Détroit une fois que les conditions le permettront.
La Haute Représentante a annoncé qu’elle se rendrait, plus tard dans la semaine, dans la région de la mer Rouge afin d'« inspecter (elle)-même la mission » Aspides, qui contribue dans la zone à la sécurité maritime. (Camille-Cerise Gessant)