Le commissaire européen au Budget et à l'Administration publique, Piotr Serafin, a présenté au personnel de la Commission européenne, lundi 13 juillet, des pistes de réforme de l'institution de l'Union européenne qu'ont élaborées une quinzaine groupes de travail internes.
Intervenant 25 ans après la réforme 'Kinnock' (EUROPE 7913/14) de mars 2001, cet exercice de réflexion se distingue de la réforme précédente dans la mesure où elle implique le personnel « depuis le début » et vise à « faire remonter » des idées au niveau politique (approche 'bottom-up'), a indiqué un haut fonctionnaire européen à quelques journalistes, vendredi 10 juillet.
Selon ce fonctionnaire, l'objectif fixé à ces groupes de travail était de faire des propositions permettant de répondre à plusieurs objectifs : - renforcer la collaboration horizontale entre les membres du personnel au sein de directions générales différentes ; - « renforcer la collaboration avec les États membres », en impliquant davantage notamment les bureaux de représentation de la Commission ; - « rendre plus attractive la Commission en tant qu'employeur » en accélérant les procédures de recrutement et en rendant plus agile le déroulement des carrières ; - « optimiser l'allocation des ressources en les alignant sur les priorités » politiques ; - trouver un meilleur équilibre entre ce qui est fait en interne et en externe ; - transmettre une culture de leadership, alors qu'arrive « une vague de départ à la retraite de managers seniors » ; - mettre en place les processus internes adéquats pour l'usage de l'intelligence artificielle (IA).
Néanmoins, cette réforme n'a pas l'ambition de faire des propositions spécifiques concernant la réorganisation des départements internes à la Commission, notamment pour s'adapter au fonctionnement du futur cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034, qui prévoit une reprise en main de la gestion de programmes européens par les États membres. Elle ne vise pas non plus à redessiner les contours du Service européen d'action extérieure (SEAE), dont le fonctionnement est critiqué par certains États membres et fait l'objet de convoitises au sein de la Commission, qui se veut de plus en plus géopolitique.
Il ne sera pas non plus question de rouvrir le statut des fonctionnaires européens.
Dans sa proposition initiale de CFP post-2027, la Commission demande aux États membres de lui donner les moyens d'embaucher 2 500 fonctionnaires européens supplémentaires afin de lui permettre d'accomplir les nouvelles tâches qu'on lui a déjà assignées. Si le futur accord sur le CFP 2028-2034 ne nous est « pas favorable, cette réforme interne est encore plus importante », a indiqué ce haut fonctionnaire européen.
M. Serafin est censé présenter d'ici fin 2026 à la présidente, Ursula von der Leyen, les résultats de cette réflexion interne. Dans l'intervalle, l'Irlandaise Catherine Day, ancienne Secrétaire générale de la Commission, présentera les résultats des travaux du groupe de réflexion de haut niveau sur l'avenir de la fonction publique dans l'institution de l'Union européenne (EUROPE 13676/31).
La réforme interne de la Commission pourrait ensuite être concrétiser d'ici à la fin du mandat de la Commission 'von der Leyen II'. (Mathieu Bion)