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Bulletin Quotidien Europe N° 13898
ACTION EXTÉRIEURE / Serbie

La Commission européenne ne commente pas les élections anticipées annoncés par Aleksandar Vučić, elle évalue la réforme judiciaire en Serbie

La Commission européenne s’est refusée à commenter l’annonce faite par le président serbe, Aleksandar Vučić, dimanche 28 juin, de son intention de démissionner dans les prochaines semaines et de convoquer des élections présidentielles et législatives anticipées, rappelant que l’organisation d'élections relève de la compétence des autorités nationales.

« Nous sommes parfaitement conscients des manifestations qui se déroulent depuis longtemps et qui réclament la démission du président. Il agit désormais en ce sens. Des élections suivront. Comme toujours, il appartient à la population concernée de choisir ses dirigeants », a déclaré la porte-parole en chef de la Commission, Paula Pinho, lors d’une conférence de presse, lundi 29 juin.

L’Union européenne « respectera le choix de la population serbe », a-t-elle insisté, refusant de commenter l’éventualité d’une candidature d’Aleksandar Vučić au poste de Premier ministre lors des élections anticipées. « Nous ne savons pas encore qui seront les futurs candidats », a-t-elle indiqué.

La Commission s’est également gardée de répondre à la question de savoir si le départ du président Vučić pourrait favoriser les progrès de la Serbie sur la voie de son adhésion à l’Union européenne.

« Je ne ferai pas ce lien. Nous suivons évidemment de près la situation en Serbie », a déclaré le porte-parole de la Commission chargé de l’Élargissement, Guillaume Mercier.

Entretemps, la Commission européenne a salué l’adoption des nouvelles modifications de la législation judiciaire en Serbie, qu’elle considère comme « une étape importante dans la bonne direction », tout en indiquant qu’elle est « en train d’évaluer leur conformité » avec les recommandations de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe (EUROPE 13856/20).

« Nous continuons également d’appeler la Serbie à suspendre la mise en œuvre des modifications adoptées en janvier jusqu’à l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions », a déclaré à Agence Europe le porte-parole de la Commission européenne chargé de l’Élargissement, Guillaume Mercier.

La Commission avait déjà exprimé publiquement ses inquiétudes concernant la législation judiciaire en Serbie, tout en précisant qu’« aucune décision de suspendre les financements n’a été prise » dans le cadre du Plan de croissance pour les Balkans occidentaux et que l’évaluation est toujours en cours. Cette précision intervient alors que la commissaire à l’Élargissement, Marta Kos, avait déclaré que, « pour le moment, tous les paiements au titre du Plan de croissance ont été arrêtés » en raison des reculs constatés dans le domaine judiciaire (EUROPE 13861/17). Pour la Serbie, jusqu’à 135,9 millions d’euros sont en jeu, a confirmé une source européenne à Agence Europe.

Lors de la conférence de presse à l’issue du sommet UE-Balkans occidentaux du 5 juin, António Costa avait indiqué que la Serbie s’était engagée à finaliser sa réforme de la justice conformément aux recommandations de la Commission de Venise « dans les prochaines semaines » et à adopter les dernières réformes électorales nécessaires pour mettre en œuvre « l’ensemble des recommandations » de l’OSCE/BIDDH (ODIHR). Sur la base de l’évaluation de la Commission européenne, le Conseil de l’UE décidera ensuite « s’il est temps, ou non, d’ouvrir le troisième groupe de chapitres de négociation » (EUROPE 13882/1). (Ana Pisonero Hernández)

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