Les ministres européens de la Santé ont pris connaissance, mardi 16 juin, lors de leur Conseil à Luxembourg, de l'état des discussions en vue d'un accord international sur la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies ainsi que de l'évolution de l'épidémie du virus Ebola Bundibugyo en Afrique centrale, qui touche actuellement la République démocratique du Congo et l'Ouganda.
La Présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne a rappelé avoir organisé, le 5 juin, une vidéoconférence informelle des ministres de la Santé afin d'échanger des informations sur ce dernier point (EUROPE 13882/6).
Des représentants de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) avaient alors présenté la situation relative à l'épidémie et les mesures de réponse engagées. Les ministres ont réaffirmé leur soutien à une approche européenne coordonnée, en adéquation avec les recommandations de l'OMS, de l'ECDC et du Comité de sécurité sanitaire (CSS), notamment pour les dépistages à la sortie des pays concernés, et à une plus grande préparation de l'Union européenne.
Selon le commissaire européen à la Santé et au Bien-être animal, Olivér Várhelyi, au 14 juin, 808 cas confirmés, dont 181 décès, avaient été signalés en République démocratique du Congo, tandis que l'Ouganda faisait état de 19 cas et de deux décès.
Il a relevé que cette propagation épidémique avait lieu alors que la région est déjà confrontée à des conflits et à une situation humanitaire difficile, et qu'aucun vaccin n'était actuellement disponible contre cette souche du virus Ebola.
Le commissaire européen a également fait état d'une importante circulation de la désinformation autour de cette épidémie. Il a avancé que la Commission travaillait avec ses partenaires européens et internationaux afin de mettre en œuvre les réponses les plus efficaces sur le terrain et de maintenir un niveau élevé de préparation au sein de l'Union européenne.
Le Comité de sécurité sanitaire a ainsi adopté des recommandations portant sur la surveillance, les dépistages à la sortie et les protocoles de détection de cas potentiels. L'ECDC estime toutefois que le risque d'infection dans l'Union européenne demeure « très faible ».
La commissaire européenne chargée de la Coopération internationale, de l'Aide humanitaire et de la Réaction aux crises, Hadja Lahbib, pour sa part, a considéré que cette épidémie démontrait le lien l'imbrication entre préparation aux crises sanitaires et action humanitaire. Aussi a-t-elle rappelé que l'Union européenne avait acheminé plus de 100 tonnes de matériel, construit de nouvelles installations de traitement, fourni des équipements de protection et déployé des experts de l'ECDC. « La manière la plus efficace de protéger les Européens est de contenir ce foyer à sa source », a-t-elle déclaré.
Au cours du tour de table, plusieurs États membres ont également appelé à une réponse coordonnée qui s'appuierait sur les avis scientifiques de l'OMS et de l'ECDC.
Selon les Pays-Bas, il est primordial d'associer étroitement l'OMS à la réponse internationale, alors que la Belgique a considéré que « la réponse la plus adéquate est une réponse à la source » et a appelé à un renforcement de la coopération internationale afin de contenir les foyers épidémiques.
Voir la déclaration du G7 sur l'épidémie d'Ebola : https://aeur.eu/f/mds (Nithya Paquiry)