La Commission européenne a présenté, mardi 16 juin, un plan d'action global visant à endiguer la migration illégale dans la Manche. Le document établit une stratégie coordonnée avec le Royaume-Uni pour répondre à un phénomène qui génère « une pression importante sur le contrôle des frontières, l'ordre public et les capacités d'accueil » dans les États membres de l'UE, en particulier en France et en Belgique.
Relevant une baisse de 44% des détections de traversées illégales entre janvier et mai 2026 par rapport à la même période en 2025, la Commission entend pérenniser cette tendance.
Diplomatie migratoire. Pour ce faire, elle compte d'abord renforcer la coopération avec les pays d'origine et de transit des migrants, notamment en Asie et en Afrique, afin d'accélérer les procédures de réadmission et de sécuriser la délivrance des documents de voyage.
Ce travail extérieur inclura le lancement de campagnes d'information conjointes avec le Royaume-Uni pour dissuader les candidats à l'exil d'entreprendre des traversées maritimes périlleuses.
Réseaux de passeurs. Avec le soutien d'Europol, le plan prévoit également d'établir une cartographie complète des réseaux de passeurs et de s'attaquer directement à leurs infrastructures. L'accent sera mis sur la perturbation des chaînes logistiques en ciblant l'approvisionnement en canots pneumatiques, le retrait des contenus illicites en ligne ainsi que les flux financiers occultes, à l'instar des systèmes de transfert informel (dits « réseaux hawala ») et des cryptomonnaies.
Gestion des frontières. Enfin, la Commission entend renforcer la surveillance technique sur les côtes européennes de la Manche. L'agence Frontex déploiera donc son corps permanent ainsi que des moyens de surveillance aérienne et maritime pour appuyer les États membres touchés.
Soulignant que l'attractivité britannique est aussi un catalyseur pour les mouvements irréguliers au sein de l'espace Schengen, l'UE invite le Royaume-Uni à s'impliquer pleinement dans cette stratégie. « Étant donné la nature partagée du défi et les coûts supportés au niveau de l'Union européenne, la contribution financière du Royaume-Uni aux actions communes dans le cadre de ce Plan d'action soutiendrait de manière significative nos efforts communs », précise ainsi le document.
La Commission rappelle en outre le drame humain qui se joue sur cette route migratoire : selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 121 migrants ont perdu la vie ou ont été portés disparus dans la Manche au cours des deux dernières années.
Lire le plan d'action : https://aeur.eu/f/mdi (Justine Manaud)