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Bulletin Quotidien Europe N° 13869
ACTION EXTÉRIEURE / DÉveloppement

Préoccupés par le déclin de l’aide publique au développement, les pays de l'UE préconisent une approche européenne mieux coordonnée

Dans des conclusions adoptées lundi 18 mai à l'issue d'une réunion tenue à Bruxelles, les ministres européens chargés de la coopération au développement ont noté « avec préoccupation le déclin historique de l’Aide publique au développement (APD) dans le monde en 2025 », tel que rapporté par l’OCDE (EUROPE 13846/10).

« L’aide au développement est réellement en déclin, mais nous voyons que l’Europe reste le plus grand donateur mondial en matière d’aide humanitaire et d’aide au développement », a déclaré la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, devant la presse.

Alignement stratégique. Ainsi, rappelant que l’UE et ses États membres ont représenté 48% de l’APD mondiale l'année dernière, les ministres ont évoqué dans leurs conclusions « la nécessité pour l’UE et ses États membres de continuer à montrer l’exemple en tant que 'Team Europe' », c'est-à-dire en coordonnant les ressources de la Commission européenne avec celles des États membres de l'UE, des agences nationales et des banques de développement, ainsi que, de manière croissante, des investisseurs privés ; le tout au travers de l'instrument de financement 'Global Gateway'.

« Nous voulons utiliser cet instrument de manière ciblée afin de renforcer les investissements dans l’énergie, les transports et la sécurité alimentaire, renforcer la résilience et empêcher de nouvelles dépendances », a déclaré la ministre fédérale allemande de la Coopération économique et du Développement, Reem Alabali-Radovan.

« L’avenir des politiques de développement est davantage transactionnel et nous devons construire des situations gagnant-gagnant, pas simplement donner notre argent à des œuvres de charité ou à la corruption, mais plutôt œuvrer pour des bénéfices communs », a estimé le ministre finlandais du Commerce extérieur et du Développement, Ville Tavio.

« Dans un monde où les investissements, les infrastructures et les chaînes d’approvisionnement sont devenus des instruments de pouvoir, la politique étrangère ne peut pas être sentimentale », a défendu, de son côté, le commissaire européen aux Partenariats internationaux, Jozef Síkela, rappelant plusieurs initiatives récemment mises en place par la Commission européenne, notamment l'introduction d'un 'hub Global Gateway' destiné aux soutiens de projets d'entreprises européennes, l’Initiative mondiale pour les obligations vertes (EUROPE 13856/9), ou encore les investissements accrus visant à lutter contre la migration irrégulière.

Prônant un « alignement stratégique », le Conseil continue toutefois d'encourager les États membres « à progresser vers la réalisation de leurs objectifs individuels et à demeurer sur une trajectoire crédible vers l’engagement collectif de l’UE » en visant à consacrer 0,7% du revenu national brut à l’APD et 0,2% à l’APD destinée aux pays les moins avancés (PMA) d'ici 2030. 

« Le Conseil encourage également les États membres à veiller à ce qu’une part appropriée de leur APD, par exemple 10%, soit consacrée à l’action humanitaire, compte tenu de l’augmentation des besoins humanitaires », ont noté les ministres dans leurs conclusions.

Afrique. Les ministres ont souligné l’importance de renforcer le soutien de l’UE à l’Afrique subsaharienne, particulièrement touchée par la faim et les situations de fragilité.

« Il faut encore de l'espace pour de la coopération internationale focalisée sur de l'altruisme », a estimé le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, évoquant, entre autres, l'épidémie d'Ebola dans la région des Grands Lacs.

« C'est une valeur qui doit continuer d'être portée et incarnée par l'Europe. (...) Nous devons pouvoir être dans une démarche de partenariat fondée sur les intérêts réciproques, mais ne pas se désengager. Il ne faut pas que l'Europe laisse du vide, y compris en Afrique, auquel cas d'autres prendront la place avec une approche encore plus transactionnelle », a ajouté M. Prévot.

Voisinage oriental. Les ministres ont également évoqué une attention particulière à porter au renforcement de la stabilité et de la résilience dans les voisinages oriental et méridional.

« Nous encourageons le déploiement du plus grand nombre possible d’instruments de la 'boîte à outils' européenne afin de renforcer l’action extérieure envers les pays du voisinage oriental et nous soutenons les programmes bénéficiant à la Moldavie, à l’Ukraine, aux Balkans occidentaux et aux pays du Caucase du Sud », a déclaré, à son arrivée à la réunion, la Secrétaire d’État chargée des Relations institutionnelles, de la Coopération et des Droits de l’homme au ministère des Affaires étrangères de la Roumanie, Clara-Alexandra Volintiru.

Voir le conclusions du Conseil : https://aeur.eu/f/lxv  (Bernard Denuit)

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