La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a fait état, lundi 20 avril, d'une persistance de l'incertitude quant aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur la trajectoire économique de la zone euro.
« Si le conflit se résout rapidement, le choc direct sur les prix de l’énergie pourrait se situer dans la fourchette basse des attentes - et l’impact économique serait contenu. Cependant, les perspectives restent fragiles - et des scénarios plus défavorables restent possibles », a déclaré Mme Lagarde lors d'une réception annuelle de l’Association des banques allemandes.
Si, selon l’Agence internationale de l’énergie, le choc actuel est considéré comme la plus grande perturbation de l’offre pétrolière de l’histoire, la présidente de l'institut monétaire a estimé lundi que l’ampleur du choc ne déterminait pas à elle seule ses conséquences économiques.
« Deux autres facteurs restent véritablement incertains et sont essentiels pour calibrer correctement notre réponse », a-t-elle déclaré, évoquant, d'une part, la durée de la perturbation, et d'autre part, la transmission des prix de l’énergie à l’inflation globale.
Dans ce contexte, davantage de données sont nécessaires, a indiqué la présidente de la BCE, qui surveille également les mesures budgétaires palliatives prises par les gouvernements de la zone euro.
« Les mesures sur les prix réduisent l’inflation, mais brouillent le signal incitant à réduire la consommation d’énergie. (...) Les mesures fondées sur les revenus peuvent protéger les citoyens, mais au risque de stimuler excessivement l’économie », a-t-elle relevé, appelant à une coordination prudente entre politiques monétaire et budgétaire, avertissant que des mesures trop larges de soutien pourraient entretenir les pressions inflationnistes. (Bernard Denuit)