Plusieurs eurodéputés de tous bords ont appelé la Commission européenne à agir rapidement pour éviter une rupture du soutien financier au secteur vitivinicole européen en 2028 alors que la filière traverse déjà de graves difficultés économiques et structurelles.
Dans un courrier adressé lundi 20 avril au commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, les élus alertent sur un « vide réglementaire et budgétaire » lié au décalage entre l’entrée en vigueur progressive du récent paquet législatif sur le vin et l’absence d’accord à ce stade sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour 2028-2034 (EUROPE 13814/12).
Le secteur du vin est confronté à une baisse durable de la consommation, à des déséquilibres structurels et à une pression croissante liée au changement climatique, rappellent-ils, des constats reconnus lors de la récente réforme des règles du marché vitivinicole de l’UE. Dans ce contexte, la continuité des aides est jugée « essentielle » pour accompagner l’adaptation du secteur et préserver sa résilience.
Or, préviennent les signataires, les États membres doivent lancer leurs appels nationaux à projets dès 2026 ou au plus tard début 2027. Sans des dispositions transitoires, ils ne seront pas en mesure de garantir un soutien en 2028, ce qui entraînerait une interruption jugée « inacceptable ».
Une telle rupture fragiliserait la mise en œuvre même du 'paquet vin', fruit de négociations interinstitutionnelles destinées à répondre à la crise de la filière, et laisserait les opérateurs « sans outils au moment où ils en ont le plus besoin », soulignent les eurodéputés.
Les élus demandent donc à la Commission de proposer rapidement des mesures transitoires permettant de prolonger le cadre actuel des interventions sectorielles prévues par le règlement 2021/2115, sous réserve de la disponibilité des crédits du futur CFP. Objectif : offrir une sécurité juridique, faciliter la mise en œuvre nationale et assurer une transition fluide entre les périodes de programmation.
Le courrier est signé par Cristina Guarda (Verts/ALE, italienne), Esther Herranz-García (PPE, espagnole), Éric Sargiacomo (S&D, français), Carlo Fidanza (ECR, italien)), Charles Goerens (Renew Europe, luxembourgeois) et Arash Saeidi (La Gauche, français).
Ils appellent la Commission à agir « sans délai » afin d’éviter une interruption « impossible à justifier » auprès des producteurs et susceptible de nuire à la crédibilité de l’Union.
Lien vers la lettre : https://aeur.eu/f/lm1 (Lionel Changeur)