Dans un communiqué publié jeudi 26 mars, Catherine de Bolle, directrice exécutive de l’agence Europol, a exprimé de vives inquiétudes quant à l’expiration du régime dérogatoire à la directive ePrivacy, actée par un ultime vote du Parlement européen, le jour même (EUROPE 13837/2).
La dérogation, qui doit prendre fin le 3 avril prochain, permet la détection volontaire de contenus pédopornographiques en ligne (Child sexual abuse material, CSAM) par les plateformes de communication.
Soulignant l’importance cruciale de ces matériaux dans les enquêtes criminelles, Mme de Bolle a rappelé qu’en 2025, Europol a traité pas moins de 1,1 million de ‘CyberTips’- des fichiers provenant du Centre national pour les enfants disparus et exploités - à l’échelle de 24 pays européens.
Or, pour la responsable, la suppression de la base juridique en vigueur « entraînerait une réduction sérieuse des signalements de 'CyberTips' » et « minerait la capacité à détecter des pistes d'enquête pertinentes sur le CSAM, ce qui nuira gravement aux intérêts de sécurité de l'UE ». (Justine Manaud)