Les eurodéputés ont approuvé par 385 voix pour, 147 contre et 98 abstentions, mercredi 11 mars, le rapport de Petras Austrevicius (Renew Europe, lituanien) sur l'élargissement de l'Union européenne. Dans ce texte, le Parlement insiste : l'élargissement est « une réponse stratégique à l'évolution de la réalité géopolitique et un investissement essentiel pour la sécurité et la stabilité de l'UE ».
Tout comme de nombreuses voix favorables à l'intégration dans l'Union de nouveaux pays, les élus estiment que laisser certains pays à la porte de l'UE risque de les exposer à l'influence étrangère, particulièrement celle de la Russie.
Mais s'ils sont nombreux à appeler de leurs vœux une intégration rapide des pays les plus avancés dans le processus, tels que le Monténégro ou l'Albanie, les députés soulignent l'importance vitale de garder un processus qui soit basé sur le mérite des pays candidats.
Une position partagée par la commissaire européenne chargée de l'Élargissement, Marta Kos, à rebours des échos récents qui indiquaient que la Commission envisageait des pistes pour modifier le processus d'adhésion et intégrer plus rapidement certains pays candidats, sans pour autant que ceux-ci aient réalisé toutes les réformes demandées.
« Le respect des principes fondamentaux renforce la crédibilité du processus. Il n'y aura pas de cheval de Troie, pas de pays qui risque de saper l'Union de l'intérieur », a-t-elle insisté en ouverture du débat, mardi 10 mars. « L'Union n'intègrera que des pays qui sont et ont des démocraties fortes. Il n'y aura aucun raccourci sur la question des réformes », a martelé la commissaire.
Même si l'Albanie et le Monténégro sont pressentis pour clore les négociations d'adhésion d'ici fin 2028, voire intégrer l'Union avant 2030, Marta Kos a tenu a rappeler qu'ils ne pouvaient s'attendre à un traitement de faveur.
Face à elle, le groupe des Patriotes pour l'Europe et plusieurs élus classés à l'extrême droite se sont montrés particulièrement véhéments, certains n'hésitant pas à qualifier le dirigeant ukrainien, Volodymyr Zelensky, de dictateur. « Ceux qui veulent intégrer l'Ukraine dans l'Union sont les mêmes qui veulent nous entraîner dans une guerre contre la Russie », a proféré Fernand Kartheiser (NI, luxembourgeois).
« Nous ne pouvons pas laisser la place à nos rivaux dans ces pays », a répondu la commissaire. « Si nous ne les intégrons pas, quelqu'un d'autre le fera, et les utilisera contre nous ».
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/l4l (Isalia Stieffatre)