Les eurodéputés ont appelé, mercredi 11 mars, à accélérer les travaux visant à approfondir l’intégration des marchés de capitaux, lors d’un débat en séance plénière du Parlement européen.
Au nom des chrétiens-démocrates, Markus Ferber (PPE, allemand) a estimé que la fragmentation des marchés européens constituait « un véritable désavantage » pour les entreprises, contraintes de se financer à Londres ou à New York. M. Ferber a appelé à lever les obstacles fiscaux et juridiques aux investissements transfrontaliers et à adapter la politique de concurrence afin de permettre l’émergence de « champions européens ».
Au nom des sociaux-démocrates, Aurore Lalucq (S&D, française) a dénoncé une situation où « notre épargne européenne finance la croissance américaine ». Mme Lalucq a plaidé pour des marchés financiers intégrés et une supervision européenne unique afin d’orienter l’épargne vers l’économie réelle et l’industrie européenne.
Au nom des 'Patriotes pour l’Europe', Enikő Győri (hongroise) a jugé les progrès de la Commission insuffisants depuis la présentation de sa stratégie sur l’épargne et l’investissement (SIU). Mme Győri a appelé à supprimer les obstacles aux investissements, dans le respect des compétences nationales, notamment en matière de supervision et de fiscalité.
Au nom des Conservateurs et réformistes européens, Giovanni Crosetto (italien) a soutenu l’objectif d’une intégration accrue des marchés de capitaux et défendu une approche « pragmatique et graduelle ». M. Crosetto a insisté sur la nécessité de renforcer le rôle de l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) tout en préservant l’implication des autorités nationales.
Au nom du groupe Renew Europe, Anouk Van Brug (néerlandaise) a déploré le fait que de nombreuses start-up européennes quittent l’Europe faute de financements pour se développer. Mme Van Brug a appelé à réduire les divergences réglementaires.
Au nom des Verts/ALE, Damian Boeselager (allemand) a jugé les propositions de la Commission européenne insuffisantes et a dénoncé les blocages des États membres de l'UE. M. Boeselager a plaidé pour davantage d’investissements dans le capital-risque et pour une mobilisation des fonds de pension en faveur de l’innovation européenne.
Au nom du groupe La Gauche, Catarina Martins (portugaise), quant à elle, a dénoncé les propositions de la Commission sur les pensions, qui, selon l'eurodéputée, exposeraient les retraités à « la roulette des marchés », évoquant une manœuvre de « privatisation des systèmes publics de retraite ». (Bernard Denuit)