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Bulletin Quotidien Europe N° 13758
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

Washington subordonne son ouverture commerciale pour l’acier et l’aluminium à un geste de l’UE sur ses règles sur le numérique

La présence à Bruxelles du Secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, et du Représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, n’a fait que rappeler les divisions profondes de l’UE et des États-Unis sur les questions commerciales. Lundi 24 novembre, les deux membres du gouvernement américain ont participé à un déjeuner de travail avec les vingt-sept ministres du Commerce de l’UE. Ces derniers s’étaient donné pour mission de convaincre Washington de continuer la mise en œuvre de l’accord bilatéral conclu en juillet. C’était sans compter sur le message préparé par leurs deux homologues américains : toute concession accordée par les États-Unis à l'Union autour des tarifs sur l'acier et l'aluminium dépend de « l'assouplissement » de son cadre législatif numérique.

« Notre suggestion est que l’UE et ses ministres du commerce envisagent véritablement d’essayer d’analyser leurs règles sur le numérique, d’essayer d’arriver à quelque chose d’équilibré. Pas de les supprimer, mais de trouver une approche équilibrée, qui fonctionne pour nous. Et s’ils peuvent y parvenir, j’en suis convaincu, nous regarderons avec eux la question de l’acier et de l’aluminium », a indiqué Howard Lutnick à la presse à la sortie de la réunion.

Selon lui, le potentiel pour que les entreprises américaines investissent dans l’UE est énorme, mais bloqué par les règles actuelles.

Washington est opposé de longue date aux différents textes européens (DMA, DSA, AI Act …) qu'ils estiment être des attaques directes contre les entreprises américaines (EUROPE 13703/8).

« Nous voulons rassurer le secrétaire au commerce sur le fait que nos lois ne sont pas discriminatoires », a affirmé le commissaire européen Maroš Šefčovič, quelques instants après l’intervention de son homologue américain.

Le même jour, le porte-parole de la Commission chargé des questions numériques, Thomas Régnier, a déclaré que l’UE était « toujours ouverte à discuter avec des partenaires partageant les mêmes idées ». Et d’ajouter que « l’Europe dispose d’un droit souverain de légiférer ».

Et une source d’insister : « Notre législation souveraine en matière numérique n'est pas négociable ».

Dans les prochaines semaines, « nous allons simplement donner davantage d’explications sur ce sujet, nous allons nous engager dans ce processus », a affirmé M. Šefčovič. (Léa Marchal)

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