La commission des affaires juridiques (JURI) du Parlement européen a décidé, mardi 23 septembre, de ne pas lever l'immunité de l'Italienne Ilaria Salis (La Gauche). Un second vote aura lieu mardi 7 octobre en session plénière.
Saluant le rejet d'une demande de levée d'immunité formulée par « le régime hongrois », Mme Salis s'est dite « convaincue que le Parlement confirmera ce choix » en plénière, via le réseau X. « Défendre mon immunité ne signifie pas me soustraire à la justice, mais me protéger contre la persécution politique du régime d'Orbán », a-t-elle ajouté, réitérant sa demande d'être jugée en Italie.
Selon nos informations, le résultat du vote, qui s'est déroulé à bulletin secret, est le suivant : 13 voix contre la levée de l'immunité parlementaire contre 12 voix en faveur. Cela signifie que deux élus à droite de l'échiquier politique ont voté contre la levée de l'immunité, faisant basculer un rapport de force initialement défavorable au groupe 'La Gauche'.
L'élection au PE de Mme Salis en juin 2024 lui avait permis d'être libérée après 15 mois de prison, alors qu'elle est accusée d’avoir agressé des militants d’extrême droite lors d’une manifestation à Budapest. La militante antifasciste risque en Hongrie une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu’à 24 ans (EUROPE 13510/29).
Le groupe 'La Gauche' a estimé, dans un communiqué, que les Européens ne pouvaient pas laisser un « agenda fasciste » prendre racine dans l'UE après que le président hongrois, Viktor Orbán, a repris à son compte l'affirmation du président américain, Donald Trump, selon laquelle « les antifascistes sont des terroristes ». Il appelle à un moratoire sur l'exécution des extraditions vers la Hongrie et tout pays de l'UE violant l'État de droit.
« Faute de prendre les mesures qui s’imposent contre la Hongrie d’Orbán, qui (...) a cessé d’être un État de droit, la Commission et le Conseil de l'UE font courir un grave danger à l’UE et ses citoyens », a enchaîné David Cormand (Verts/ALE, français).
Le vote en session plénière devrait se dérouler à bulletin secret à la demande de La Gauche, afin que les députés se prononcent selon leur conscience. Son issue, qui promet d'être serrée, dépendra beaucoup de l'attitude du groupe PPE, même si le vote en commission parlementaire envoie un message politique.
En cas de levée son immunité, Mme Salis a indiqué qu'elle se rendrait en Italie. (Mathieu Bion)