Les priorités régionales en matière de recherche et d’innovation (R&I) des stratégies de spécialisation intelligente (‘S3’) devraient être plus en adéquation avec les objectifs plus larges de l’UE, a souligné la Cour des comptes européenne dans son rapport publié mardi 23 septembre. De plus, il est toujours difficile de déterminer si ces S3 atteignent leurs objectifs.
Introduit en 2010 par la Commission européenne, en lien avec les objectifs du Fonds européen de développement régional (FEDER), le concept de S3 a pour but de créer un avantage compétitif pour la région, en développant ses points forts et en les faisant correspondre aux besoins des entreprises. Plus de 70 milliards d’euros pour les deux périodes de programmation, 2014-2020 et 2021-2027, ont été alloués à ces stratégies.
« Il est essentiel de concilier les approches descendantes et ascendantes et de veiller à ce que les mesures mises en œuvre dans les régions soient conformes aux décisions prises au niveau de l’UE », a souligné Annemie Turtelboom, membre de la Cour responsable du document d’analyse, ajoutant : « Faute de quoi nous échouerons purement et simplement à garantir une utilisation plus stratégique et plus efficace des fonds européens ».
Bien qu’elle fournisse aux régions des orientations et un appui technique, « la Commission ne met cependant pas à profit sa position unique, son expérience et le rôle de supervision qu’elle assume pour orienter les régions dans leurs choix ou pour rapprocher celles susceptibles d’en tirer des avantages mutuels ». Aucune supervision n’est exercée au niveau de l’UE dans le but de maximiser la valeur ajoutée du processus de spécialisation intelligente ou de veiller à ce que les priorités régionales tiennent suffisamment compte des priorités de la politique industrielle de l’UE. La Cour des comptes considère donc qu’un meilleur usage de la plateforme S3 CoP Observatory permettrait de repérer les priorités qui présentent des lacunes ou font double emploi.
Cependant, la collaboration interrégionale, bien qu’essentielle pour rechercher des complémentarités, est vue comme contraignante, en raison notamment des pressions auxquelles sont généralement soumises les capacités administratives. La Cour souligne que « la Commission a l’occasion de promouvoir davantage la coopération entre les régions, notamment en déterminant et en valorisant les domaines qui s’y prêtent et en aidant les régions moins innovantes à développer leurs capacités administratives ».
Lire le rapport : https://aeur.eu/f/ikr (Anne Damiani)