La croissance économique peut s’accompagner d’une réduction des émissions de CO2, selon un document de travail publié par le centre de réflexion (think tank) européen Bruegel, lundi 8 septembre.
En analysant 191 pays entre 1989 et 2022, les auteurs de la publication valident l’hypothèse de la courbe de Kuznets environnementale, selon laquelle le développement économique, au-delà d’un certain stade, peut contribuer à la transition écologique plutôt que de ne constituer qu’un facteur de pollution.
Les émissions augmentent avec le revenu par habitant jusqu’à un seuil moyen de 25 000 dollars, avant de diminuer.
Dans les économies avancées, ce point est atteint plus tard (35 000 à 50 000 dollars), tandis que dans plusieurs États émergents, il survient dès 5 000 à 18 000 dollars. Par conséquent, si dans les pays riches, les émissions par habitant baissent désormais malgré la croissance, de grandes économies émergentes, comme la Chine et l’Inde, restent encore sur la partie montante de la courbe.
L’étude montre aussi que les politiques climatiques favorisent davantage la dissociation entre croissance et émissions.
Avec une taxe carbone d’au moins 6 dollars par tonne de CO2 ou un prix de quota autour de 5,5 dollars, la dépendance des émissions de la croissance économique par habitant diminue d’environ 24%.
Pour une hausse de 1% du revenu par habitant, l’augmentation des émissions par tête passe de 1,41 à 1,07% dans les pays dotés de régulations strictes. Ainsi, cela représenterait une réduction d’environ 500 000 tonnes de CO2 en Allemagne ou plus de 8 millions de tonnes en Chine.
Le document de travail (en anglais) : https://aeur.eu/f/ibq (Nithya Paquiry)