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Bulletin Quotidien Europe N° 13704
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Le Danemark lance prudemment le débat sur la réforme de la PAC

En marge de la réunion informelle des ministres européens de l’Agriculture à Copenhague, du 7 au 9 septembre, le ministre danois, Jacob Jensen, a indiqué devant quelques journalistes, lundi 8 septembre, qu’il souhaitait mettre en avant les aspects positifs des propositions actuellement sur la table concernant la réforme de la politique agricole commune (PAC).

Alors que de nombreux ministres s’inquiètent de la baisse proposée du budget de la PAC 2028-2034 et du projet de fusionner les différents instruments existants (FEAGA, FEADER) en un fonds unique, le président en exercice du Conseil Agriculture, M. Jensen, a souligné qu’il était « très important que la PAC apporte un soutien aux agriculteurs européens et fournisse les bons incitants pour produire davantage de nourriture ». « Dans le même temps, la PAC doit aussi répondre à d’autres objectifs politiques : environnementaux, de bien-être animal ou climatiques », a ajouté le ministre danois.

Il a insisté sur la nécessité que la PAC reflète la diversité entre des pays aussi différents que Chypre, Malte, la Finlande ou le Danemark. « Nous avons d’énormes différences de structure, d’histoire, de contexte, de géographie. Tous ces éléments doivent faire partie de la PAC », a-t-il souligné.

M. Jensen a également salué le fait que les propositions mettent l’accent sur la nouvelle génération d’agriculteurs.

Interrogé sur le budget réduit proposé pour la PAC, il a indiqué qu’il préférait discuter de l’utilisation « que nous pouvons en faire, et de la flexibilité ».

« Je sais qu’il y a un grand débat, au Danemark comme dans la plupart des autres États membres – voire dans tous – sur la part de financement à consacrer au secteur agricole : quelle part pour les paiements directs, quelle part pour d’autres objectifs. Là encore, vous trouverez probablement une grande diversité d’opinions, même au sein du Danemark, selon que vous interrogez les ONG environnementales ou l’industrie agricole », a reconnu le ministre.

Enfin, il a souhaité relativiser l’importance de la compétition entre États sur la capacité à mobiliser des financements nationaux supplémentaires.

Lors d'une présentation, le président du Danish Agriculture & Food Council, Søren Søndergaard, s'est opposé à la baisse proposée de 20% des crédits de la PAC 2028-2034 et a demandé que le plafonnement et la dégressivité des aides reste facultatif, et non obligatoire comme voulu par la Commission.

Luis Planas, le ministre espagnol de l’Agriculture, a expliqué à trois journalistes que la proposition de réforme tranchait avec le discours tenu jusque-là par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur l’importance stratégique du secteur agricole.

M. Planas a exprimé son inquiétude face à la réduction des moyens financiers (jusqu’à –22%) et au problème d’image lié au nouveau schéma budgétaire et à la fusion des fonds. Selon lui, la PAC risque de perdre sa dimension politique et stratégique au profit d’un simple programme technique. Les ministres de l'Agriculture auront un débat mardi sur la PAC post-2027 (EUROPE 13703/3). (Lionel Changeur)

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