Face à la division des ministres des Affaires étrangères de l’UE concernant la révision de l’accord d’association UE-Israël, la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, n’a pu que réitérer, lundi 23 juin, la nécessité pour Israël d’améliorer la situation humanitaire à Gaza (voir autre nouvelle).
« Nous contacterons Israël pour lui présenter nos conclusions et examiner comment améliorer la situation sur le terrain », a expliqué Mme Kallas à l'issue du Conseil des Affaires étrangères. « L'examen est très clair : nous devons améliorer la situation, car Israël a violé l'article 2. Il ne s'agit pas de punir Israël, mais d'apporter des améliorations concrètes pour la population et la vie des habitants de Gaza. C'est donc ce que nous essayons de faire maintenant », a-t-elle martelé.
« Aujourd'hui marquait donc le début du débat, et non sa fin », a annoncé la Haute Représentante. Ainsi, « si la situation ne s'améliore pas, nous pourrons discuter de mesures supplémentaires et y revenir en juillet », lors du Conseil, a-t-elle ajouté.
Selon une source, cette révision est un « coup de semonce » pour Israël. S’il n’y a aucun changement de la part de l’État hébreu, le Conseil reviendra sur la question en juillet. Mais si la situation change, le rapport pourrait tomber aux oubliettes.
Selon plusieurs sources, si les ministres ne nient pas les conclusions du rapport, qui précisent que « sur la base des évaluations réalisées par les institutions internationales indépendantes citées (dans le rapport), il existe des indications selon lesquelles Israël violerait ses obligations en matière de droits de l’homme en vertu de l’article 2 de l’accord d’association UE-Israël », ils sont divisés sur les mesures à prendre.
À son arrivée au Conseil, le ministre allemand, Johann Wadephul, s’était clairement exprimé contre la suspension de l’accord d’association. « L'aide humanitaire doit pouvoir parvenir à la population de la bande de Gaza (...). Quoi qu'il en soit, le gouvernement fédéral allemand ne considère pas que l'accord d'association doive être suspendu », avait-il expliqué. Et d’ajouter : « Nous avons besoin de cet accord d'association et ne devons en aucun cas le remettre en question ».
Le rapport du Service européen pour l’action extérieure obtenu par EUobserver et vu par Agence Europe, de huit pages, revient sur la situation à Gaza. Il note notamment l'« utilisation d'armes à large rayon d'impact dans des zones densément peuplées et une restriction sévère de l'entrée et de la distribution des aliments et des services essentiels », et que « le niveau sans précédent de morts et de blessés parmi les civils à Gaza » était une conséquence directe du non-respect par les forces de défense israéliennes des principes fondamentaux du droit humanitaire international.
Le document prend aussi en compte la situation en Cisjordanie, où, depuis le 7 octobre 2023, « les tendances négatives de discrimination, d'oppression et de violence contre les Palestiniens se sont aggravées ». (Camille-Cerise Gessant avec Pauline Denys)