Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, accueillera lundi 19 mai à Londres les présidents du Conseil européen, António Costa, et de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi que la Haute Représentante, Kaja Kallas, et le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, pour un tout premier Sommet Royaume-Uni/Union européenne après le ‘Brexit’.
Ce Sommet d’une journée aura pour objectif de confirmer la proximité des deux blocs sur les enjeux mondiaux, entre guerre en Ukraine ou politique américaine des droits de douane, mais devra surtout servir à renforcer leurs partenariats, notamment sur la défense, le commerce, la mobilité des jeunes ou encore la pêche.
L’objectif du Sommet est en effet pour les deux parties d’acter une déclaration commune sur les enjeux globaux, un 'common understanding' listant des domaines de coopération renouvelée et un Pacte sur la sécurité et la défense.
Mercredi 14 mai, les représentants des États membres de l’UE se sont toutefois montrés agacés par ce qu’ils considèrent comme de nouveaux choix de convenance (‘cherry picking’) de la partie britannique (EUROPE 13640/2).
Londres s’est en effet montré jusqu’ici très frileux sur le sujet de la pêche ou de la mobilité des jeunes alors qu’il demande de larges gestes des Vingt-sept sur l’assouplissement des contrôles commerciaux ou une participation au programme 'SAFE'.
Si la réunion de la Communauté européenne politique organisée vendredi 16 mai à Tirana pouvait éventuellement permettre des discussions bilatérales entre Mme von der Leyen et M. Starmer, les ambassadeurs des États membres devaient encore se voir dimanche 18 mai pour faire un point sur les négociations et, si possible, donner leur feu vert à cet ensemble de textes.
Un succès au Sommet du 19 mai tient en effet impérativement à la conclusion de ces trois documents.
Les délégations espèrent que « tout se déroulera sans accroc », selon une source diplomatique, certains pays membres n'ayant jamais caché qu’un Pacte sur la sécurité et la défense avec le Royaume-Uni est une « nécessité », ne serait-ce qu’en termes de renseignement ou sur les sanctions.
Mais le Royaume-Uni tente de faire pression sur les États membres pour affaiblir la position de l’UE, reconnaît aussi cette source.
Une autre source diplomatique a confirmé ces points de tension, le Royaume-Uni ayant également des difficultés avec le rôle à assigner à la Cour de justice de l'UE, mais pense qu'un texte commun pourra encore être trouvé dimanche ou lundi. (Solenn Paulic avec Camille-Cerise Gessant)