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Bulletin Quotidien Europe N° 13594
CONSEIL EUROPÉEN / Ukraine

L'UE affiche une unité à « vingt-six » - sans la Hongrie - sur le soutien à Kiev

Un message d’unité de la part de l’UE n’a pas été tout à fait possible à l’issue du Conseil européen de jeudi 6 mars, s’agissant du soutien à l’Ukraine. Les conclusions en la matière ont été adoptées au nom de vingt-six États membres, la Hongrie n’ayant pas soutenu la philosophie du texte. Ni l’échange avec le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à Bruxelles, ni la visite au Président français, Emmanuel Macron, à Paris, n’ont suffi à convaincre le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, de se rallier à la majorité.

Pour son pays, le détail du soutien militaire et financier à l’Ukraine n’est pas acceptable. Les vingt-six autres pays ont décidé de ne pas écrémer le langage qui faisait consensus entre eux et, donc, de ne pas négocier une autre version du texte au rabais avec la Hongrie.

La position de Viktor Orbán est « extrêmement malheureuse », selon le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson. Dans le contexte actuel, l’UE doit garder le cap d’un soutien fort, selon lui : « Nous, les autres, sommes unis dans notre soutien à l’Ukraine, et cela vaut bien plus que le fait qu’un seul pays bloque l’unité ».

Le président du Conseil européen, António Costa, a assumé le fait que Budapest était isolée sur ce sujet. Pour lui, cet accord à vingt-six au lieu de vingt-sept « ne crée pas de division ».

La question hongroise étant réglée, le langage des conclusions sur le soutien à l’Ukraine dans le futur proche a même été renforcé. Les dirigeants veulent « utiliser toutes les options dans le cadre de la Facilité pour l’Ukraine, pour augmenter le soutien financier à l’Ukraine ».

La Slovaquie a obtenu l'ajout d’une phrase reconnaissant l’impact de la fin du transit du gaz russe en Ukraine sur l’approvisionnement en Slovaquie. Ainsi, dans le texte final, le Conseil européen « appelle la Commission, la Slovaquie et l’Ukraine à intensifier les efforts pour trouver des solutions valables au problème du transit du gaz, y compris à travers sa reprise ».

Pour le reste, le texte des conclusions n’a pas évolué par rapport à la version que nous avions précédemment détaillée (EUROPE 13593/1).

Débats sur le contenu des garanties de sécurité. Si la formulation des conclusions convenait à la grande majorité des participants dès le début de la réunion, ceux-ci ont longuement échangé sur les garanties de sécurité à fournir à l’Ukraine dans le cadre des négociations pour la paix. Il n’était pas question, dès le départ, de faire des promesses concrètes, mais plutôt de commencer à voir qui est prêt à fournir quoi dans l’après-guerre.

Parmi les idées évoquées dans les garanties de sécurité figure l'envoi de troupes européennes en Ukraine pour des missions de maintien de la paix. L'idée est loin de convaincre tous les États membres à ce stade, mais cela n'a pas empêché Emmanuel Macron de convoquer, ce mardi à Paris, une réunion des chefs d'état-major des pays intéressés à participer à ce type d'efforts. « Nous souhaitons tous une armée ukrainienne de taille et de nature à pouvoir résister à la Russie », a-t-il insisté à l'issue du sommet européen.

Son homologue italienne, Giorgia Meloni, en revanche, a exclu une telle option. « Envoyer des troupes européennes, sans préciser lesquelles – françaises, britanniques ou autres – est la solution la plus complexe et probablement la moins efficace. Je l’ai dit et répété et j’ai également exclu la possibilité que des soldats italiens soient envoyés dans ce cadre », a-t-elle déclaré à la presse avant la fin du sommet.

À l’issue de sa rencontre avec les chefs d’État ou de gouvernement européens, Volodymyr Zelensky a rappelé quelles étaient ses conditions pour les négociations dans un post sur le réseau social X. Il a également évoqué ce qu'il pourrait considérer comme un signal de la part du président russe, Vladimir Poutine, de mettre fin à la guerre : « Pas d'attaques sur les infrastructures énergétiques et autres infrastructures civiles ; trêve des missiles, des bombes, des drones à longue portée ; pas d'opérations militaires en Mer Noire ».

Autre signe que les discussions évoluent, M. Zelensky a annoncé qu'il se rendrait en Arabie saoudite lundi pour rencontrer le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane. Le lendemain, une rencontre est prévue dans ce pays entre des délégations américaine et ukrainienne.

Voir les conclusions à 26 sur l'Ukraine : https://aeur.eu/f/fs0  (Léa Marchal avec la rédaction)

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