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Bulletin Quotidien Europe N° 13594
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DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / Droits des femmes

En commission du PE, une réunion interparlementaire pour renforcer le rôle des femmes dans les processus de paix, la sécurité et la défense

À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres (FEMM) du Parlement européen a organisé une réunion interparlementaire sur le thème 'Renforcer le programme en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité – défendre les droits des femmes dans le cadre de la défense, de la sécurité et de la consolidation de la paix'.

À l'heure où les conflits se multiplient, les intervenantes se sont attachées à rappeler que les femmes restent les premières victimes de la guerre et les grandes oubliées des processus de paix et de sécurité.

Ainsi, la présidente de la commission FEMM, Lina Gálvez (S&D, espagnole) a dénoncé une situation qui perdure : « Les femmes et les filles sont depuis toujours la majorité des victimes de la guerre. La majorité des victimes de viols et d’autres violences sexuelles basées sur le genre. Les femmes sont souvent au centre des guerres, de la pire manière qui soit, mais elles sont souvent à la marge lorsqu’il s’agit de construire la paix et de prendre les décisions au plus haut niveau politique ».

Un constat partagé par la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, au cours d'une intervention par vidéo. « Malgré leur souffrance, les femmes sont trop souvent exclues des tables autour desquelles les décisions sont prises. Ce n’est pas simplement une injustice, cela affaiblit la sécurité », a-t-elle souligné.

Les chiffres le prouvent, selon la conseillère principale pour l’égalité des genres et le programme 'Femmes, paix et sécurité' au Service européen pour l’action extérieure, Jonna Naumanen : seuls 9,6% des négociateurs de paix sont des femmes et elles ne représentent que 26,6% des signataires des accords de paix.

« Les accords de paix ne seront jamais durables si les auteurs de viols ne sont pas traduits en justice. La violence sexuelle a des effets bien après la signature d’accord de paix », a argué Lina Gálvez.

La ministre polonaise de l’Égalité, Katarzyna Kotula, a rappelé que la protection des femmes n’est pas une question secondaire, évoquant notamment l'exemple de l'Ukraine.

De son côté, le lieutenant-général néerlandais Elanor Boekholt-O'Sullivan a dénoncé un modèle militaire qui exclut les femmes. « La porte nous a été ouverte, mais l’embrasure est conçue pour quelqu’un d’autre. Il est temps de mettre ce standard masculin à la retraite » , a-t-elle pointé du doigt.

Et d'illustrer : « Pendant des années, nos gilets pare-balles étaient parfaitement adaptés à un homme d’1,80 mètre avec les épaules larges. Pour une femme, c’était une sorte de corset étouffant ».

La commissaire européenne à l’Égalité a appelé à une responsabilité collective dans la protection des droits des femmes, constatant « un retour de bâton un peu partout dans le monde ».

En ce sens, elle a insisté sur le fait que l’Europe ne peut pas relâcher ses efforts : « Le monde autour de nous change à la vitesse de la lumière (...). Mais dans ce contexte, les droits humains et les droits des femmes, en particulier, doivent être notre guide ». (Nithya Paquiry)

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