La Cour de Bosnie-Herzégovine a annoncé, mercredi 26 février, la condamnation de Milorad Dodik à un an de prison et l’interdiction d’exercer ses fonctions pendant six ans, à l'issue d'un procès auquel le principal accusé n'a pas assisté.
Dirigeant de l’entité serbe de Bosnie depuis 2006, Milorad Dodik a été reconnu coupable d'avoir rejeté l’autorité du Haut Représentant international chargé de superviser l’accord de paix en Bosnie-Herzégovine.
Il lui est reproché d’avoir promulgué en juillet 2023 deux lois adoptées par le Parlement de la République serbe de Bosnie (Republika Srpska) interdisant l’entrée en vigueur dans l’entité serbe des arrêts de la Cour constitutionnelle bosnienne et des décisions du Haut Représentant, Christian Schmidt.
Milorad Dodik a immédiatement dénoncé le résultat du verdict lors d’un rassemblement à Banja Luka, chef-lieu de la Republika Srpska. Le dirigeant dénonce depuis le début un « procès politique » avec l’objectif de l’« éliminer de l’arène politique ».
Le dirigeant hongrois, Viktor Orbán, a réagi à la condamnation dans un post sur X, déclarant que « la chasse aux sorcières politique contre le président [Dodik] est un triste exemple de l'instrumentalisation du système juridique contre un dirigeant démocratiquement élu ».
Plusieurs députés européens de la commission des Affaires étrangères ont réagi, déclarant que « les pressions et intimidations exercées sur la justice avant ce jugement sont inacceptables » et rappelant que le Parlement a « réclamé des sanctions contre les acteurs politiques déstabilisateurs en Bosnie et affichant un soutien aux ambitions sécessionnistes ».
L'Union européenne et d'autres organisations internationales appellent à la retenue et à éviter toute menace politique ou action nuisible. (Isalia Stieffatre)