En dépit d'un recul des partis écologistes aux élections européennes de 2024, les habitants de l'UE restent préoccupés par le changement climatique, selon une note d'orientation publiée, mardi 25 février, par le centre de réflexion Bruegel.
Toutefois, le rapport, qui repose sur une enquête menée en 2024 auprès de 7 819 citoyens en France, en Allemagne, en Italie, en Pologne et en Suède, démontre que, si la majorité d'entre eux souhaitent des mesures fortes, le doute en la capacité des gouvernements à les mettre en œuvre de manière juste et efficace se fait de plus en plus tenace.
49% des Italiens, 41% des Français et 38% des Allemands jugent encore que l’environnement et la lutte contre le changement climatique devraient être des priorités de l’UE. Néanmoins, en Allemagne et en Pologne, le soutien à une forte action climatique a chuté de 64 à 49% entre 2020 et 2024 au profit d'une approche centrée sur l’adaptation.
Parallèlement, la méfiance à l’égard des gouvernements se renforce et, en Allemagne, 56% des citoyens qui se sentent déconnectés de la politique ne font pas confiance au Parlement pour gérer la transition climatique.
Le scepticisme climatique progresse également et, en 2024, seulement 47% des Allemands attribuent entièrement le changement climatique à l’activité humaine, contre 58% en 2020. Cette baisse est également observée en France, en Italie et en Suède.
Selon les auteurs de l'étude, les chercheurs Jan Eichhorn et Heather Grabbe, si les gouvernements ne restaurent pas la confiance, les discours populistes vont proliférer et fragiliser les engagements climatiques européens.
L'étude : https://aeur.eu/f/fni (Nithya Paquiry)