Dans les mois qui viennent, l’Union européenne doit mobiliser la politique commerciale pour protéger les entreprises européennes exportatrices de la concurrence déloyale et des obstacles au commerce, indique la future Présidence polonaise du Conseil de l'UE, qui débutera son mandat en janvier, dans ses priorités pour le semestre, publiées le 10 décembre. Cela passe par l’augmentation du nombre d’accords de libre-échange (ALE), mais aussi par la défense des intérêts européens face aux pratiques anticoncurrentielles.
La future Présidence du Conseil ne fait toutefois pas mention de la Chine dans son document de priorités. Elle indique seulement qu'elle « soutiendra les actions qui visent à réduire les dépendances économiques et la coercition contre les intérêts légitimes de l'Union ».
Sur le sujet de la sécurité économique également, la Pologne adopte un langage générique et reprend l'approche de la Commission européenne (EUROPE 13335/1), le mot d'ordre étant l'équilibre entre l'ouverture commerciale et la protection contre les risques pour l'économie européenne.
Si le programme de la Présidence polonaise ne s'attarde pas sur les différents partenaires commerciaux, il fait une exception pour les relations transatlantiques. Le maintien et le renforcement du dialogue avec les États-Unis sont la voie à suivre, à un moment où les deux partenaires risquent de tomber dans de nouveaux conflits commerciaux. Varsovie insiste sur le besoin d'avoir des relations « positives » avec Washington, mais indique qu'elle cherchera « à protéger les intérêts économiques légitimes de l'UE » en cas de tensions commerciales.
Commerce avec l'Ukraine et la Moldavie. La Présidence polonaise du Conseil met l'accent sur les travaux à venir sur les échanges commerciaux avec l'Ukraine et la Moldavie, qui lui paraissent particulièrement importants. Alors que les mesures de libéralisation arriveront à échéance en juin 2025, les négociations sur le futur cadre des échanges se dérouleront intégralement sous Présidence polonaise.
Sans préjuger de la forme que pourrait prendre ce nouvel accès au marché européen, Varsovie insiste sur le fait que le nouveau cadre doit permettre la modernisation des économies ukrainienne et moldave, ainsi que l'harmonisation de leur environnement réglementaire.
Voir les priorités : https://aeur.eu/f/ewk
Voir les agendas provisoires des réunions ministérielles du Conseil au premier semestre 2025: https://aeur.eu/f/exi (Léa Marchal)