La secrétaire d’État belge chargée de l’Asile, Nicole de Moor, a appelé les États membres, lundi 9 septembre, à « travailler ensemble à l'élaboration d'une politique migratoire équitable, humaine et efficace ».
Elle réagissait aux annonces du gouvernement hongrois, le même jour, portant sur l’envoi vers Bruxelles de migrants en situation irrégulière, en réaction à l’amende de 200 millions d’euros infligée en juin par la Cour de justice de l’UE au sujet du système hongrois d’asile (EUROPE 13474/13).
Le pays n'a pas respecté plusieurs dispositions des directives de 2008 et 2013 relatives aux normes et procédures communes applicables au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier et aux procédures communes pour l’octroi et le retrait de la protection internationale.
Estimant que l’UE n’autorise pas Budapest à lutter contre les flux migratoires irréguliers, le gouvernement va « alors offrir à ces migrants illégaux qui le souhaitent un ticket gratuit, en aller simple, pour Bruxelles », a dit le porte-parole du ministre hongrois de l'Intérieur.
« Le transfert unilatéral des responsabilités par le biais de menaces de ce type sape la solidarité et la coopération au sein de l'Union. La Belgique continue de plaider en faveur d'une politique commune et coordonnée dans laquelle le respect des valeurs européennes et des obligations internationales est central », a ajouté la secrétaire d’État. Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close, a dénoncé une provocation. « Nous allons tout faire pour bloquer ces cars à la frontière », a-t-il assuré.
Contactée, la Commission européenne n'avait pas encore livré de commentaires à l'heure de notre bouclage. (Solenn Paulic)