Le Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a déploré, dimanche 8 septembre, la décision d'Edmundo González, candidat de l'opposition lors des récentes élections présidentielles vénézuéliennes, de fuir le Venezuela pour demander l'asile politique à l'Espagne en raison de la « persécution politique » dont il faisait l'objet (EUROPE 13471/4).
« Dans une démocratie, aucun dirigeant politique ne devrait être forcé à chercher l'asile dans un autre pays », a déclaré M. Borrell, dans un communiqué. D'après lui, M. González, qui était accueilli à Caracas par les autorités néerlandaises, « paraît être, à une large majorité, le vainqueur des élections présidentielles » de fin juillet.
En août, l'opposition politique vénézuélienne a publié des procès-verbaux de bureaux de vote selon lesquels M. González aurait remporté plus de 60% des suffrages. Le Conseil national électoral vénézuélien a, au contraire, déclaré vainqueur le président sortant, Nicólas Maduro. Il refuse de publier les actes électoraux, arguant d'un piratage des données.
Arrivé dimanche soir à Madrid à bord d'un avion affrété par les autorités espagnoles, l'ancien ambassadeur vénézuélien a promis de continuer la lutte pour la liberté et le rétablissement de la démocratie dans un son pays. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a assuré qu'il n'y avait eu aucune négociation politique d'aucune sorte entre les gouvernements espagnol et vénézuélien. « Il n'y a pas eu de contrepartie pour qu'Edmundo González puisse quitter le pays », a-t-il insisté.
La répression post-électorale au Venezuela a fait 27 morts et 192 blessés, tandis que 2 400 personnes ont été arrêtées, de source officielle, selon l'AFP.
Le Haut Représentant de l'UE a réitéré sa requête auprès des autorités vénézuéliennes de « mettre fin à la répression, aux arrestations arbitraires et au harcèlement des membres de l'opposition et de la société civile ». (Mathieu Bion)