Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé, lundi 22 juillet, que la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères - connue sous le nom de 'Gymnich' - qui devait se tenir à Budapest les 28 et 29 août - se tiendra à Bruxelles.
Les ministres des Affaires étrangères ont débattu de la 'mission de paix' du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, et des propos de son ministre, Péter Szijjártó, accusant l'UE de pousser à la guerre. Des propos « totalement inacceptables », selon le Haut Représentant. « L'Union européenne soutient l'Ukraine et est disposée à mettre fin à cette guerre sur la base de la Charte des Nations Unies », avait-il souligné à son arrivée au Conseil. Il a rappelé que « le seul qui est pro-guerre est Poutine ».
Selon M. Borrell, 25 États membres ont critiqué l'action menée par la Hongrie - la Slovaquie - d'après le porte-parole hongrois, Zoltán Kovács - n'a pas d'objection à la mission. « Après avoir écouté tout le monde, j'ai dû prendre une décision et considérer que, si les 25 étaient fermement opposés à la prise de position hongroise (...), il fallait envoyer un signal, qu'être contre la politique de l'UE, ou la disqualifier, devait avoir des conséquences formelles et symboliques », a-t-il expliqué, ajoutant que la réunion informelle se tiendrait à Bruxelles après les vacances. Il a reconnu que les États membres étaient très divisés sur la question.
Le Haut Représentant a refusé le terme 'boycott', expliquant que la réunion aurait bien lieu, mais dans un lieu différent.
Avant l'annonce officielle de la décision de M. Borrell, Péter Szijjártó avait estimé que la tentative visant à saper la réunion informelle du Conseil des Affaires étrangères prévue par la Hongrie à Budapest était « puérile ». Selon M. Kovács, le ministre a précisé que la Hongrie était prête à accueillir la réunion, mais qu'elle était également disposée à y assister si elle avait lieu à Bruxelles. M. Szijjártó a regretté que la Hongrie ait été confrontée à « une hystérie agressive et belliciste » à propos de sa 'mission de paix' lors de la réunion.
Importance de l'unité
Malgré les tensions, M. Borrell a rappelé que quasiment tous les ministres avaient insisté sur la nécessité de rester unis. L’unité européenne est « la meilleure arme contre cette agression russe contre l’Ukraine, qui dure depuis deux ans et demi », a ainsi estimé le ministre espagnol, José Manuel Albares. (Camille-Cerise Gessant)