La transition devra être verte, mais aussi compétitive. C’est à travers le prisme de l’économie que la ministre hongroise de l’Environnement, Anikó Raisz, a conclu les deux journées de réunion ministérielle informelle dédiées à l’environnement et au climat, jeudi 11 et vendredi 12 juillet, à Budapest.
COP 29. Invités à la discussion, la vice-présidente du GIEC, Diana Ürge-Vorsatz, le Président désigné de la COP29 et ministre azerbaïdjanais de l'Environnement, Mukthtar Babayev et Yalchin Rafiev, négociateur principal pour la COP29, ont confirmé que « nous sommes tous déterminés à agir contre le changement climatique et à faire de notre mieux pour en ralentir les effets néfastes », s'est réjouie Anikó Raisz. Les États membres, a-t-elle assuré, veulent « atteindre les objectifs de l'Accord de Paris ». Pour cela, il a été nécessaire de « mettre en évidence les priorités et les attentes réelles », qui se résument notamment dans « l'adoption d'un objectif de financement équilibré » et une atténuation plus forte du changement climatique.
Compétitivité de l'économie circulaire. Sur ce point aussi, l'enjeu sera de trouver un équilibre entre les efforts environnementaux à poursuivre et la prééminence économique visée par l'UE. Ce qui fait de l'adoption d'un nouvel accord européen sur la compétitivité une « priorité clé de la Présidence hongroise », a prévenu Anikó Raisz. En plus d'améliorer sa productivité, qui devra s'appuyer sur des « technologies vertes et des infrastructures vertes », l'UE est appelée à développer un marché unique circulaire, qui doit faire office d'avantage concurrentiel pour les Vingt-sept. La Présidence hongroise a affirmé qu'il va être « très important de réduire la vulnérabilité et la dépendance à l'égard des ressources extérieures [à l'UE] », mais a précisé que l'UE ne pourra pas « s'engager seule sur la voie de l'économie circulaire ».
Gestion résiliente de l’eau. Face à la multiplication des épisodes de sécheresse, la question de l'eau s'est révélée primordiale. Les conséquences des pénuries d'eau sur l'économie, la société et la sécurité ont été soulignées. Les pénuries d'eau étant un élément déclencheur de conflits mondiaux, il a été convenu qu'une gestion résiliente de l'eau doit autant prévenir les conflits que les migrations de populations. La Présidence hongroise a souhaité que ces conclusions « [contribuent] à l'initiative tant attendue de la Commission européenne pour une 'Gestion résiliente de l'eau' ».
Pollution transfrontalière de l'eau et de l'air. Lutter contre cette pollution demandera un renforcement de la coopération transfrontalière. Une législation plus forte en matière d'environnement, de santé et d'économie a été demandée. La pollution atmosphérique, quant à elle, a été identifiée comme l'un des principaux problèmes. Les mesures à prendre devront résulter de l'observation, par chaque État, de sa pollution atmosphérique par les particules en suspension (aérosol) de diamètre inférieur à 10 µm et à 2,5 µm. La Présidence a invité également les États membres à observer dans quelle mesure ils contribuent à la pollution d'autres États membres. La date limite de juin 2026 a été évoquée.
Banque européenne d'investissement. « La clef des succès » de l'UE repose, selon Anikó Raisz, dans la transformation des systèmes financiers et dans l'orientation des investissements vers la durabilité. Présent lors des échanges, le vice-président de la BEI, Thomas Östros, s'est engagé à accompagner les États membres dans cette voie. (Florent Servia)