Les ministres du Commerce de l'UE se retrouvent, jeudi 30 mai, pour une réunion à Bruxelles. Ils feront en partie écho aux ministres responsables de la compétitivité qui s'étaient réunis une semaine plus tôt. En effet, la session de jeudi 30 mai portera notamment sur le lien entre commerce et compétitivité. Les relations UE/Afrique ainsi que les travaux de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sont également à l'ordre du jour des discussions. Sur le plan législatif, les ministres adopteront le règlement qui mènera à des tarifs rehaussés sur certains produits agricoles russes et biélorusses (EUROPE 13414/13).
Commerce et compétitivité
Dans son rapport sur le marché intérieur publié en avril, l'ancien président du Conseil italien Enrico Letta abordait le besoin, selon lui, d'une approche plus stratégique sur les accords commerciaux. Les procédures de ratification devraient également être revues pour anticiper les blocages, selon lui.
Ces propositions forment une base de réflexion pour les ministres. Ces derniers souhaitent notamment réfléchir à la manière dont la politique commerciale de l'UE peut soutenir les entreprises qui font face à des difficultés engendrées par les défis géopolitiques actuels. La question de l'accès aux matières premières critiques sera également soulevée. Ceci, dans un contexte où l'UE multiplie les efforts pour diversifier ses sources d'approvisionnement dans ce secteur.
La politique commerciale de l'UE est actuellement très concentrée sur la signature de partenariats sur les matières premières (EUROPE 13418/5), mais aussi sur l'usage d'outils de défense commerciale vis-à-vis de la Chine. La concurrence industrielle de Pékin, mais aussi de Washington, faussée par d'importantes subventions, amène les Européens à repenser leur stratégie. Le degré de fermeté et de détermination pour réagir face à cette concurrence devrait être soulevé jeudi par plusieurs pays.
Relations de commerce et d'investissements avec l'Afrique
La Présidence belge du Conseil de l'UE avait à cœur de mettre ce sujet à l'agenda. Plusieurs pays estiment que l'accent n'est pas suffisamment mis sur les relations avec l'Afrique. Les ministres devraient réfléchir à la manière de devenir un partenaire encore plus attractif pour le continent africain. Un des objectifs est également d'identifier les zones géographiques qui ne font pas l'objet d'accords de commerce ou d'investissement avec l'UE et qui méritent de l'attention.
En guise d'illustration de la direction que les États membres veulent prendre vis-à-vis de l'Afrique, ceux-ci devraient officiellement approuver l'Accord de partenariat économique avec le Kenya (EUROPE 13361/12).
Suite des travaux à l'OMC
La 13e réunion ministérielle de l'OMC s'est terminée sur un constat d'échec sur tous les grands sujets qui étaient en négociation. C'est pourquoi les ministres tiennent à tirer des leçons de cet épisode. Ils devraient réfléchir à la suite des travaux, notamment sur la réforme de l'organisation.
Ces dernières semaines, des idées de méthodes ont été proposées à l'OMC afin d'arriver à des résultats d'ici la fin de l'année (EUROPE 13410/13).
Par ailleurs, un autre sujet pourrait s'inviter à l'agenda des ministres le 30 mai : le règlement de l'UE contre la déforestation importée. Celui-ci fait l'objet de critiques à l'OMC en raison de son impact négatif sur les partenaires internationaux, mais aussi au sein même des États membres. Il est fort probable que certaines délégations abordent le sujet, d'après un diplomate européen. (Léa Marchal)