Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Alliance atlantique se réunissent jeudi 30 et vendredi 31 mai à Prague pour une réunion informelle qui portera sur leur soutien à l’Ukraine. Après une réception du président tchèque, Petr Pavel, jeudi soir, les ministres discuteront de manière informelle vendredi matin.
« Il y a beaucoup d'inquiétudes sur les évolutions récentes » sur le terrain ukrainien, a expliqué un diplomate de l’OTAN, précisant que la question était de savoir ce qu’il faut faire pour y répondre. « On réfléchit à faire plus et mieux, et différemment dans certaines dimensions », a-t-il ajouté sans donner de précisions.
Selon l’ambassadrice américaine auprès de l’OTAN, Julianne Smith, les ministres discuteront de la fourniture d’équipements, en particulier des munitions et des systèmes de défense antiaérienne.
Les ministres pourraient se pencher aussi sur la levée des restrictions mises par leurs pays quant à l’utilisation par l’Ukraine de leurs équipements pour frapper le sol russe. Si certains pays ont décidé de l’autoriser, d’autres, dont les États-Unis, semblent plus réticents. « Nous travaillons en ce moment à acheminer l'aide vers l'Ukraine afin qu'ils continuent à connaître du succès sur le champ de bataille et à repousser les offensives de la Russie qui pourraient survenir dans quelques jours et semaines », a précisé Mme Smith.
Le soutien à long terme à l’Ukraine pourrait aussi faire l'objet de discussions. Plusieurs alliés ont signé - ou vont signer - des accords bilatéraux en matière de sécurité. Selon un diplomate, c'est grâce à ces accords que les Alliés assureront la pérennité de leur soutien à l’Ukraine.
Les ministres pourraient discuter de la perspective d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Alors qu'aucune invitation d’adhésion ne devrait être envoyée lors du sommet de Washington en juillet, plusieurs Alliés souhaiteraient un langage différent de celui de Vilnius dans la déclaration du sommet sur l'ambition d'adhésion de l'Ukraine.
La proposition d'un fonds de 100 milliards d’euros pour Kiev du secrétaire général, Jens Stoltenberg, pourrait être débattue. Un diplomate a rappelé qu’il n’y avait pas de fonds de l’OTAN à proprement parler, car l’argent vient des Alliés. Il a ajouté que seulement 1/3 du fonds de l’Alliance pour l’assistance non létale, créé en février 2022, avait été dépensé.
L’ambassadrice américaine a cependant rappelé que le paquet pour l’Ukraine portait sur les moyens d'institutionnaliser une partie du soutien bilatéral au pays, de l'intégrer à l'OTAN, d'identifier et d'obtenir des ressources supplémentaires, mais aussi sur la nomination, ou non, d’une sorte de représentant pour aider à gérer toutes les actions de l’Alliance liées à l’Ukraine.
Les demandes de retrait de la Hongrie de toute opération de l'OTAN visant à soutenir l'Ukraine pourraient aussi apparaître lors des discussions.
Le 24 mai, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a annoncé que la Hongrie ne voulait « plus participer à un soutien financier ou en armement (à l'Ukraine), même dans le cadre de l'OTAN ». (Camille-Cerise Gessant)