« Le traitement sévère infligé à Julian Assange risque de dissuader d’autres personnes désireuses de communiquer des informations véridiques sur les conflits armés », a déclaré la socialiste islandaise Sunna Ævarsdóttir, mardi 14 mai, au retour d’une visite de deux jours au Royaume-Uni lors de laquelle elle a rencontré - en toute confidentialité - le fondateur australien de Wikileaks, détenu depuis plus de cinq ans dans la prison de Belmarsh.
Il y attend la décision finale concernant son éventuelle extradition vers les États-Unis, où il risque jusqu’à 175 ans d’emprisonnement au motif de violation de la loi sur l’espionnage.
Certains des documents classifiés publiés par Julian Assange « ont révélé l’utilisation de la torture et des violations du droit international et des droits humains par les États-Unis et leurs alliés », rappelle Sunna Ævarsdóttir, qui a également rencontré d’autres parties prenantes au dossier.
Par ailleurs, elle a transmis un message rédigé par Julian Assange, qui « ne peut pas s’exprimer lui-même ».
Il y salue le rapport qu’elle est train de rédiger ainsi que le Conseil de l’Europe, qui est à ses yeux « le plus important gardien des droits humains en Europe et a une longue expérience de la protection de la liberté d'expression et de la liberté de la presse ».
Si l’extradition vers les États-Unis est confirmée par la justice britannique et si l’appel que tentera Julian Assange est rejeté, ses proches ont prévenu qu’ils saisiraient la Cour européenne des droits de l’homme pour la faire suspendre. (Véronique Leblanc)