La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la secrétaire générale du Conseil de l'Europe, Marija Pejčinović Burić, ont condamné, respectivement le 1er et le 2 mai, la violence dans les rues de la capitale géorgienne, Tbilissi, à la suite de l’adoption en deuxième lecture de la loi controversée sur la transparence de l'influence étrangère.
Dans des communiqués distincts, Mme Pejčinović Burić s'est dite « vivement préoccupée par l’évolution de la situation » et Mme von der Leyen a expliqué suivre la situation avec « grande inquiétude ».
La police géorgienne a utilisé des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des sprays au poivre contre les dizaines de milliers de manifestants et des dizaines de personnes ont été arrêtées. « Le recours disproportionné à la force contre des manifestants est incompatible avec les normes des droits humains », a prévenu Mme Pejčinović Burić, expliquant que les Géorgiens devaient pouvoir exercer pacifiquement leurs droits à la liberté de réunion et d’expression. « Les citoyens géorgiens démontrent leur profond attachement à la démocratie. Le gouvernement géorgien devrait tenir compte de ce message clair », a souligné la présidente de la Commission européenne.
L'UE et le Conseil de l'Europe ont exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes concernant la loi sur la transparence de l'influence étrangère (EUROPE 13393/35, 13392/30). « Vu les préoccupations majeures quant à la compatibilité de cette loi avec les normes européennes en matière de démocratie et de droits humains, j’appelle les législateurs géorgiens à attendre l’avis que rendra prochainement la Commission de Venise et à en examiner les recommandations avant de prendre toute décision définitive », a souligné Mme Pejčinović Burić. Le Parlement géorgien doit encore adopter la loi en troisième lecture.
Rappelant que le Conseil européen en décembre 2023 avait accordé à la Géorgie le statut de pays candidat et tracé une voie claire vers l'ouverture des négociations d'adhésion (EUROPE 13314/1), Mme von der Leyen a précisé attendre du gouvernement géorgien qu’il mette rapidement à exécution les mesures qu’il s’est engagé à prendre en tant que pays candidat. « La Géorgie est à la croisée des chemins. Elle doit maintenir le cap sur la route vers l’Europe », a-t-elle prévenu, rappelant que le peuple géorgien souhaite un avenir européen pour son pays. (Camille-Cerise Gessant)