login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13385
Sommaire Publication complète Par article 10 / 28
POLITIQUES SECTORIELLES / Affaires intÉrieures

Dans un nouveau rapport, Europol détaille le fonctionnement des 821 réseaux criminels les plus dangereux dans l'UE

L’agence de coopération policière de l’Union européenne, Europol, a fourni, vendredi 5 avril, dans un nouveau rapport, une première cartographie détaillée des réseaux criminels les plus dangereux opérant en Europe, devant permettre aux autorités répressives de mieux les traquer et les démanteler, ont annoncé à La Haye la directrice générale d’Europol, Catherine de Bolle, les ministres belges de l’Intérieur et de la Justice, Annelies Verlinden et Paul Van Tigchelt, ainsi que les commissaires européens aux Affaires intérieures et à la Justice, Ylva Johansson et Didier Reynders.

Dans ce premier exercice du genre, Europol a notamment mis dans son radar pas moins de 821 réseaux réunissant plus de 25 000 membres, actifs, pour la moitié, dans le trafic de drogues, puis dans le trafic de migrants, de cigarettes, les délits sur les biens et ayant aussi recours à la corruption.

Tous les États membres de l'UE et 17 pays partenaires d'Europol ont fourni des données afin d'identifier ces réseaux criminels. Le rapport indique notamment que 86% des groupes criminels les plus menaçants d'Europe utilisent des structures commerciales légales entre la construction et l'immobilier, l'hôtellerie et la logistique, les secteurs « les plus vulnérables à l’infiltration », selon la patronne d’Europol. 

Les gangs privilégient ainsi l'immobilier comme moyen de blanchiment en faisant appel à des avocats ou à des experts financiers. Les discothèques peuvent aussi devenir le refuge du trafic de drogue. Les réseaux peuvent s’en prendre aux petits commerçants, notamment aux ‘night shops’ via le racket et l’extorsion, a dit, de son côté, la ministre belge.

Le secteur de la logistique, en particulier dans les grands ports européens, est aussi la cible de la corruption pour laisser passer les cargaisons de drogue. Par ailleurs, le rapport révèle qu’une bonne partie de ces gangs dangereux (34%) sont actifs depuis au moins 10 ans.

« Pendant ces périodes prolongées, ils sont en mesure de maintenir leur influence et leur pouvoir, même si les dirigeants et les membres sont détenus. Ils sont souvent conscients des initiatives des forces de l'ordre et appliquent activement des contre-mesures - éventuellement aidés par des pratiques de corruption pour obtenir des informations auprès des services de police ou du système judiciaire, ou pour les infiltrer ». 

Selon Europol, plus de 70% des réseaux pratiquent la corruption pour faciliter leurs activités criminelles ou entraver l'application de la loi ou les procédures judiciaires

Les réseaux se concentrent aussi, la plupart du temps, sur une même zone géographique, peu enclins à la dispersion géographique, en l'occurrence le plus souvent sur la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et l'Espagne. 

Leur composition est très internationale, avec 112 nationalités représentées.

Les chefs de ces réseaux sont, le plus souvent, en dehors de l’UE et en partie aux Émirats arabes unis, Dubaï étant « devenue un centre de coordination à distance ».

Les réseaux ont aussi tendance à se spécialiser dans une activité criminelle principale, les réseaux véritablement polycriminels étant l'exception plutôt que la norme.

Par ailleurs, 68% des réseaux ont recours à la violence et à l'intimidation comme éléments inhérents à leur mode opératoire. Les cinq responsables se sont inquiétés d’actions devenant de plus en plus visibles et menaçant la sécurité des citoyens, notamment à travers des fusillades meurtrières.

« L'impact de ces conclusions aura des répercussions importantes sur les systèmes judiciaires de l'UE et sur l'État de droit. Les juges et les procureurs ne peuvent lutter contre la criminalité organisée que s'ils sont à l'abri des intimidations, des menaces ou des tentatives d'influencer leur intégrité professionnelle. Nous devons veiller à ce que ce soit le cas », a commenté, de son côté, le commissaire Didier Reynders. « La coopération entre les experts est vitale. C'est pourquoi la Commission soutiendra les propositions en faveur d'un nouveau réseau judiciaire européen, qui serait placé au sein d'Eurojust et qui se concentrerait sur la criminalité organisée, y compris les cibles de grande valeur ».

Lien vers le rapport : https://aeur.eu/f/bmq (Solenn Paulic)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
PE2024
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
SOCIAL
CONSEIL DE L'EUROPE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
BRÈVES