Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Alliance atlantique feront le point, mercredi 3 et jeudi 4 avril à Bruxelles, sur l’aide militaire bilatérale et au niveau de l’OTAN qu’ils fournissent à l’Ukraine alors que l’armée ukrainienne manque de munitions pour contrer l’agression militaire russe.
Le ministre suédois participera aux discussions pour la première fois en tant que membre à part entière depuis que la Suède est devenue officiellement le 32e pays membre de l'Alliance (EUROPE 13366/14). Cette nouvelle adhésion intervient alors que l'OTAN célébrera, jeudi 4 avril, le 75e anniversaire de la signature de son traité par les douze pays fondateurs.
Sur l'aide militaire à l'Ukraine, les ministres européens pourront se targuer d'avoir été en mesure d'approuver, à la mi-mars, la création d'un 'Fonds d'assistance pour l'Ukraine' doté de 5 milliards d'euros au sein de la 'Facilité européenne pour la paix' (EUROPE 13373/1). Ce fonds permettra de financer la mission EUMAM d’assistance militaire de l’UE à l’Ukraine et de rembourser les livraisons à partir des stocks et des achats individuels, mais aussi les livraisons basées sur des achats conjoints européens.
Mardi 2 avril, l'Allemagne a annoncé qu'elle contribuerait à hauteur de 576 millions d'euros à l'achat de munitions à des pays tiers dans le cadre d'une initiative prise par la République tchèque, selon l'AFP.
Du côté américain, l'ambassadrice américaine auprès de l'OTAN, Julianne Smith, a assuré devant la presse que l'administration Biden s'attendait toujours à un accord au Congrès sur de nouvelles livraisons d'armes américaines à Kiev. « Le plus tôt possible, je l'espère », a-t-elle souligné, estimant que la poursuite de l'aide des Alliés était « critique » pour permettre à l'Ukraine de défendre son territoire.
En marge de la réunion ministérielle, les discussions devraient également porter sur le choix du successeur de Jens Stoltenberg, une décision devant être prise « au plus tard au sommet de Washington » en juillet prochain, selon Mme Smith. « Nous soutenons pleinement [le Premier ministre néerlandais sortant, NDLR] Mark Rutte en tant que prochain Secrétaire général » de l'OTAN, a-t-elle déclaré, tout en saluant les qualités de l'autre candidat officiellement déclaré, le président roumain, Klaus Iohannis (EUROPE 13370/2).
Un temps pressentie dans la course, la Première ministre estonienne, Kaja Kallas, a publiquement pris position, mardi, sur la plateforme X, en faveur de M. Rutte. Elle a prôné une OTAN lucide vis-à-vis de la Russie, qui renforce la dissuasion et les dépenses militaires et soutienne l'adhésion de l'Ukraine.
Enfin, les ministres discuteront des défis qu'ils doivent affronter dans la zone indo-pacifique avec leurs homologues des pays alliés (l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, le Japon) présents dans la région. (Mathieu Bion)