Invité par les autorités turques à observer les élections locales organisées le 31 mars dans l’ensemble du pays, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a présenté ses conclusions préliminaires lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Ankara le 1er avril.
« La journée des élections s’est déroulée dans le calme et a été organisée de manière professionnelle, avec un taux de participation élevé [78,5%], qui témoigne de l’attachement des citoyens aux processus démocratiques », a déclaré le Suisse David Eray (PPE/CCE), qui a dirigé la délégation des 26 observateurs du Congrès répartis en 11 équipes.
Chef adjoint de cette mission, le socialiste slovène Vladimir Prebilič estime que « les résultats des élections ont montré que l’alternance au pouvoir entre les partis politiques est possible grâce à l’expression de la volonté du peuple et à son attachement à la démocratie représentative locale ».
David Eray a cependant regretté que les autorités turques soient intervenues dans la composition de la délégation en refusant l’accréditation de l’un de ses membres.
Il note également des procédures de dépouillement « globalement transparentes », mais « parfois précipitées » en raison de la rupture du jeûne du ramadan et « l’ingérence indue » des candidats mukhtar [chefs de quartier] dans l’administration des élections.
Autre inquiétude majeure et récurrente pointée par le chef de la délégation : un environnement politique et médiatique fortement polarisé, peu favorable à « une véritable liberté d’expression » et à la mise en œuvre d’un « cadre raisonnable supervisé par un pouvoir judiciaire indépendant ».
« Les médias audiovisuels publics n’ont pas respecté leur obligation légale de fournir une couverture impartiale de la campagne et d’offrir des opportunités égales à tous les partis politiques », souligne M. Eray.
Un rapport sur l’observation de ces élections assorti d’une recommandation sera soumis en octobre 2024 à la plénière du Congrès. (Véronique Leblanc)