Les représentants des États membres ont exprimé un certain nombre de réserves, mercredi 27 mars, concernant le langage du projet de 'Déclaration de la Hulpe', qui sera adoptée les 15 et 16 avril dans la même ville lors d’une conférence de haut niveau sur le pilier européen des droits sociaux (EUROPE 13379/12).
Selon une source diplomatique, plusieurs délégations ont jugé le texte trop prescriptif et détaillé et ont exprimé des difficultés par rapport au respect des compétences nationales et de leur modèle social. Une douzaine de pays, selon une autre source, auraient exprimé des réticences, signalant aussi une vigilance quant au fait de mentionner des initiatives toujours en cours de négociations.
Un objectif repris dans le projet de déclaration portant par exemple sur un taux de 80% de couverture des travailleurs par des négociations collectives a été contesté par plusieurs pays, signalant la difficulté d’application dans leur pays et le fait que ce taux serait trop élevé.
Le projet daté du 22 mars souligne en effet « l’engagement inébranlable à respecter et à promouvoir pleinement le rôle des partenaires sociaux, à favoriser la négociation collective à tous les niveaux et dans tous les domaines politiques pertinents et à œuvrer pour une couverture de la négociation collective d'au moins 80% d'ici 2030 ».
D'autres pays ont exprimé des difficultés avec certains concepts gravés dans le texte comme les investissements sociaux. Des pays au nord de l’UE ont également fait valoir leur modèle de dialogue social et de grande autonomie laissée aux partenaires sociaux et ont critiqué le projet de déclaration.
Selon une autre source, de manière générale, le projet a été jugé trop long pour une déclaration qui se veut surtout politique et devra être retravaillé. Mais des délégations ont aussi voulu renforcer certains aspects, par exemple sur la lutte contre les discriminations contre les personnes LGBTQI.
La Présidence belge du Conseil de l’UE soumettra un nouveau texte aux États membres le 10 avril. (Solenn Paulic)