Trente-six eurodéputés, ont envoyé, vendredi 15 mars, à l’initiative de Patrick Breyer (Verts/ALE, allemand), une lettre au président des affaires mondiales du groupe Meta, Nick Clegg, pour demander à l’entreprise américaine d’abandonner son système ‘Pay or Okay’, qui impose aux utilisateurs de décider s’ils préfèrent payer pour continuer d’accéder aux services ou accepter que leurs données soient utilisées à des fins publicitaires.
« La vie privée n'est pas une marchandise - c'est un droit humain fondamental, qui ne devrait jamais être soumis à des transactions commerciales. Le modèle 'Pay or Okay' utilisé par Meta perpétue les inégalités, sape l'essence même de la sécurité personnelle et renforce les systèmes injustes », a commenté M. Breyer.
La lettre adressée au géant du numérique rappelle qu'en vertu du RGPD, les citoyens doivent « disposer d'un 'choix véritable ou libre' lorsqu'ils demandent leur consentement ».
Selon les signataires de la lettre, « faire payer jusqu'à 300 euros par an simplement pour accéder aux services de Meta sans publicité de surveillance porterait le coût d'une expérience Internet complète sans traçage à des montants prohibitifs ».
Au cours des derniers mois, plusieurs voix s’étaient élevées pour s’opposer au système mis en place par Meta. Le 29 novembre dernier, l’organisation spécialisée dans la protection des données et de la vie privée fondée par Max Schrems (EUROPE 13294/9), Noyb, avait déjà déposé une plainte contre Meta auprès de l’autorité autrichienne de protection des données. Le lendemain, c’était au tour du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) - et de 19 de ses membres - de déposer une plainte auprès du réseau des autorités de protection des consommateurs (CPC) contre l’entreprise américaine (EUROPE 13304/15).
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/bd1 (Thomas Mangin)