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Bulletin Quotidien Europe N° 13372
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

ONG et eurodéputés s'inquiètent du futur partenariat entre l'UE et l'Égypte pour contenir les flux migratoires

Plusieurs ONG, telles qu'Amnesty International ou EuroMed Rights, ont mis en garde, vendredi 15 mars, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, contre les conséquences néfastes du partenariat qui sera lancé le 17 mars au Caire avec le président al-Sissi, afin, notamment, de contenir les flux migratoires vers l’UE.

Accompagnée de la dirigeante italienne, Giorgia Meloni, du Premier ministre grec, Kyriákos Mitsotákis, et du Président du Conseil de l’UE en exercice, le Premier ministre belge, Alexander De Croo, la présidente devrait y annoncer un soutien macroéconomique et financier doté de 7,4 milliards d’euros, selon le Financial Times.

Sur le plan de la migration, il s’agira de réguler les arrivées dans l’UE alors que le pays abriterait aujourd'hui 9 millions de réfugiés et un grand nombre de Soudanais ayant fui la guerre.

Il y aurait ainsi quelque 4 millions de Soudanais en Égypte, 1,5 million de Syriens, 1 million de Yéménites et 1 million de Libyens, selon le journal El-Watan.

« Ce voyage s'inscrit dans le cadre des discussions qui ont eu lieu sur un partenariat renforcé entre l'UE et l'Égypte. Il fait suite à la visite de la présidente von der Leyen en novembre 2023 », a expliqué la Commission dans un communiqué, le 15 mars.

« Les discussions entre l'UE et l'Égypte se sont intensifiées au cours des dernières années pour couvrir un large éventail de domaines d'intervention. L'UE et l'Égypte travaillent ensemble à un partenariat stratégique et global mutuellement bénéfique, qui s'appuie sur des relations de longue durée et sur les priorités de partenariat convenues l'année dernière ».

Euromed Rights a adressé le 15 mars un courrier à ces quatre dirigeants pour leur demander de prendre toutes les mesures nécessaires « pour garantir que les droits de l'homme, la durabilité sociale et environnementale et l'équité soient intégrés dans l'accord ».

« Nos préoccupations concernant le contenu et la portée de ce partenariat - basé sur celui que l'UE a signé avec la Tunisie en 2023 - découlent du bilan épouvantable de l'Égypte en matière de droits de l'homme, y compris dans des domaines tels que le contrôle des frontières et la gestion des migrations».

L'UE et les États membres doivent inclure des « critères de réforme clairs dans le prochain partenariat, afin de favoriser l'État de droit, une gouvernance responsable et la stabilité ; dans le cas contraire, le soutien financier de l'UE risque de subventionner les mêmes politiques insoutenables du gouvernement égyptien ».

 Cette semaine, les eurodéputés ont aussi signalé leurs préoccupations vis-à-vis de ce nouveau partenariat, cela dans le cadre d’un débat sur la Tunisie et l’absence d’encadrement démocratique européen quant au versement de 150 millions d’euros à la « dictature » dirigée par le président Kais Saïed (EUROPE 13371/11).

Le député des Verts/ALE Mounir Satouri (français) a écrit à Mme von der Leyen le 13 mars, lui demandant des explications sur l’absence de contrôle des fonds versés par l'UE à Tunis ; le Français y exige le même contrôle démocratique par les institutions européennes s'agissant des fonds prévus pour l’Égypte.

Selon le Financial Times, sur cette aide de 7,4 milliards d’euros, environ 1 milliard d'euros d'aide financière d'urgence pourrait être versé immédiatement.

Une autre aide macrofinancière de 4 milliards d'euros, liée à des réformes dans le cadre d'un programme du FMI en cours de discussion, devrait aussi être approuvée par les États membres de l'UE.

Selon un diplomate européen, ces partenariats globaux, fondés non seulement sur les migrations, mais aussi sur l'énergie pour le développement économique et social, sont dans « l’intérêt des deux parties ». Et le fait que l’Égypte ait signé un accord avec le FMI apporte « des garanties ».

Par ailleurs, l’accord avec la Tunisie semble porter ses fruits, avec « d’importantes réductions des flux », la Tunisie travaillant « vraiment à prévenir les départs », même s’il ne faut pas « baisser la garde » et voir ce qu’il se passera avec « de bonnes » conditions météorologiques.

Liens vers les courriers d'Euromed Rights et de Mounir Satouri : https://aeur.eu/f/bcs ; https://aeur.eu/f/bcu (Solenn Paulic avec Mathieu Bion)

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