La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé, vendredi 8 mars, l'ouverture imminente du corridor maritime afin de fournir de l’aide humanitaire à la population gazaouie depuis Chypre.
« Nous sommes très proches de l'ouverture de ce corridor, samedi ou dimanche », a-t-elle expliqué lors d’une visite au port chypriote de Larnaca. L'initiative Amalthea – mécanisme permettant d'acheminer en toute sécurité l'aide de Chypre à Gaza par voie maritime - est en préparation par les autorités chypriotes depuis octobre.
Mme von der Leyen a annoncé le lancement, vendredi, d’un projet pilote avec la World Central Kitchen, une ONG américaine de fourniture de repas.
Dans une déclaration commune publiée le même jour, la Commission européenne, l'Allemagne, la Grèce, l'Italie, les Pays-Bas, la République de Chypre, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni et les États-Unis ont annoncé leur « intention d’ouvrir un couloir maritime pour acheminer par voie maritime des quantités supplémentaires d’aide humanitaire indispensable ». Ils ont précisé avoir l’intention de s’appuyer sur le corridor pour « fournir une aide supplémentaire significative par voie maritime, en travaillant en coordination avec la coordonnatrice principale des affaires humanitaires et de la reconstruction des Nations Unies pour Gaza, Sigrid Kaag, chargée de faciliter, de coordonner, de surveiller et de vérifier le flux de l'aide vers Gaza en vertu de la résolution 2720 du Conseil de sécurité des Nations Unies ». Selon Mme von der Leyen, les Émirats arabes unis ont sécurisé la « première des nombreuses » expéditions de marchandises vers la population du nord de Gaza. Il faut environ dix heures à un navire pour atteindre Gaza à partir de Larnaca, selon l’AFP.
Selon le communiqué, Chypre va bientôt réunir de hauts responsables pour discuter de la manière dont peut être accéléré le corridor maritime, en complétant les routes terrestres et aériennes, notamment depuis l'Égypte et la Jordanie. Devant les médias, le président chypriote, Nikos Christodoulides, a expliqué que le corridor compléterait les livraisons via le point de passage de Rafah et les largages aériens. « Nous en sommes à un point où nous devons simplement débloquer toutes les routes possibles », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il y avait un besoin urgent d’envoyer de l’aide humanitaire.
Les participants à l’opération ont reconnu que la livraison de l’aide humanitaire directement à Gaza par voie maritime sera « complexe ». « Nos nations continueront d’évaluer et d’ajuster leurs efforts pour garantir que nous acheminons l’aide aussi efficacement que possible », ont-ils promis.
Le président américain, Joe Biden, avait annoncé, jeudi 7 mars, avoir demandé une mission d'urgence dirigée par l'armée américaine pour établir un quai temporaire à Gaza.
Ces efforts, ajoutent les participants, seront étroitement coordonnés avec le gouvernement israélien pour accroître les livraisons par voie terrestre, « en insistant pour qu’il facilite davantage de routes et ouvre des passages supplémentaires afin d’acheminer davantage d’aide à davantage de personnes ». (Camille-Cerise Gessant)