Dans le cadre du premier Forum mondial ‘Bâtiment et Climat’ à Paris, les 7 et 8 mars, 70 délégations ministérielles ont signé la « déclaration de Chaillot » pour favoriser la décarbonation et la résilience climatique du secteur du bâtiment et de la construction à l'échelle mondiale.
Paula Pinho, directrice au sein de direction générale de l’Énergie de la Commission euroépenne, a affirmé, lors de cette rencontre, qu'il s'agit d'une déclaration « essentielle pour atteindre la neutralité climatique des bâtiments ».
Les signataires rappellent que le secteur du bâtiment et de la construction est responsable de 34% de la demande d’énergie et d’environ 21% des émissions totales de gaz à effet de serre au niveau mondial. Ces émissions résultent à la fois de la consommation d'énergie (combustion - 9%) et consommation d'électricité ou de chaleur en réseau (19%) et de l’utilisation de matériaux de construction (9%).
La délégation souligne également qu'en 2050, 68% de la population vivra dans des zones urbaines, contre 55% aujourd’hui et que, d’ici 2060, la surface couverte par le secteur du bâtiment doublera à l’échelle mondiale, avec plus de 230 milliards de m² consacrés à la construction de nouveaux bâtiments.
Les délégations ministérielles reconnaissent donc l'importance d'accélérer la transition vers un secteur du bâtiment compatible avec les objectifs à long terme de l'Accord de Paris, en se concentrant, dans un premier temps, sur la planification, qui permet d’« élaborer des politiques d'urbanisme intégrées visant à accroître la résilience, l'efficacité et la suffisance de tous les bâtiments, espaces urbains, quartiers et habitants à tous les niveaux (national, régional et local) » et, dans un second temps, sur la construction et le réaménagement.
Les délégations s’engagent à mettre en place des politiques et mesures nationales pour la décarbonation inclusive et la résilience du secteur, notamment par le biais de feuilles de route et de cadres réglementaires à long terme, ainsi que d’incitations financières et fiscales.
Elles assurent également favoriser la coopération internationale, prendre en compte l’interconnexion et l’interdépendance entre tous les pays et reconnaître la nécessité d'une action mondiale pour aligner le système et les flux financiers sur les objectifs de l'Accord de Paris.
Pour voir la déclaration : https://aeur.eu/f/b7u (Pauline Denys)