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Bulletin Quotidien Europe N° 13344
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Agriculture

Ursula von der Leyen annonce son souhait de retirer la proposition sur l'utilisation durable des pesticides

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé, mardi 6 février, devant l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, le retrait de la proposition visant à réduire de moitié l'utilisation des pesticides dans l'UE, lors d'un débat sur les résultats du Conseil européen du 1er février (EUROPE 13341/4). 

La proposition « est devenue un symbole de polarisation », a relevé Ursula von der Leyen, alors que les agriculteurs en colère dénoncent depuis des semaines des normes écologiques européennes jugées excessives.

« Elle a été rejetée par le Parlement ; il n'y a plus de progrès non plus au Conseil de l’UE. C'est pourquoi je proposerai au Collège (des commissaires) de retirer cette proposition », a-t-elle déclaré devant les eurodéputés.

« Le sujet reste d'actualité », mais, « pour avancer, davantage de dialogue et une approche différente sont nécessaires. La Commission pourrait faire une nouvelle proposition beaucoup plus mûre, avec la participation des parties prenantes », a déclaré Mme von der Leyen, sans avancer de date.

« Les agriculteurs ont besoin de raisons économiques de prendre des mesures de protection de la nature ; peut-être ne leur avons-nous pas exposé ces raisons de manière convaincante », a-t-elle regretté.

Confrontée à la crise agricole, la Commission s'efforce de multiplier les gages : elle a proposé la semaine dernière d'accorder une dérogation partielle aux obligations de jachères et de limiter les importations agricoles ukrainiennes.

Ursula von der Leyen a assuré encore une fois, mardi, prendre conscience du malaise agricole : face aux effets du changement climatique et de la guerre en Ukraine, « nombre d'agriculteurs se sentent acculés (..) Ils méritent d'être écoutés ».

« Ils savent aussi que l'agriculture doit s'orienter vers un modèle de production plus durable, nous voulons faire en sorte qu'ils restent aux commandes du processus », a-t-elle souligné, rappelant avoir lancé en janvier un 'dialogue stratégique' avec le secteur sur les perspectives d'avenir.

La présidente de la Commission a indiqué que le rapport que produira le dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture dans l'Union européenne sera présenté d'ici la fin de l'été. Les résultats et les recommandations de ce dialogue seront discutés au Parlement ainsi qu'avec les États membres et « ils formeront le fondement de notre future politique agricole », a-t-elle conclu.

Les groupes politiques divisés. Manfred Weber (PPE, allemand) a remercié la présidente de la Commission pour les messages adressés aux agriculteurs. Il a rappelé que son groupe avait demandé de prendre les agriculteurs au sérieux. Nous resterons le parti des agriculteurs, a-t-il relevé.

Iratxe García (S&D, espagnole) a rappelé que le groupe PPE avait voté pour la réforme de la politique agricole commune (PAC) et a reproché à ce groupe de récupérer la souffrance des exploitants pour servir ses intérêts (électoraux). 

Devant la presse, Raphaël Glucksmann (S&D, français) a estimé que la PAC actuelle « augmente les inégalités au sein du monde agricole et subventionne l'hectare et la production plutôt que l'emploi et l'utilité écologique ».

La PAC actuelle n'est pas durable, selon la coprésidente du groupe des Verts/ALE, Terry Reintke (allemande). L’autre coprésident du groupe, Philippe Lamberts, a fustigé devant la presse « la désinformation et les mots d'ordre totalement faux qui sont lancés par les populistes ». Il a jugé aberrantes les critiques à l’égard du 'Pacte vert européen' et le fait que la Commission ait retiré la proposition sur les pesticides. Pour M. Lamberts, les agriculteurs sont écrasés par un système économique qui ne leur permet aucun profit et aucune liberté et qui donne le pouvoir aux grandes entreprises phytosanitaires à l'agrochimie. 

Valérie Hayer (Renew Europe, française) a estimé que les agriculteurs devaient pouvoir « vivre de leurs activités sans étouffer sous la paperasse ».

Dans le domaine des accords de libre-échange, les eurodéputés ont été nombreux à souligner, comme M. Glucksmann, que le fait d'autoriser des produits qui ne respectent pas les mêmes normes que les produits européens a pour effet de « tuer nos producteurs » de l'UE. (Lionel Changeur, avec la rédaction)

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