Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé, dimanche 10 décembre, un soutien de l'Union européenne à la population civile et aux forces démocratiques biélorusses, en amont d’un dîner entre les ministres européens des Affaires étrangères et l’opposante politique Svetlana Tikhanovskaïa.
Ce « soutien financier supplémentaire de 30 millions d'euros à la société civile biélorusse et aux forces démocratiques » fera monter le soutien européen à 140 millions d'euros depuis 2020, a-t-il expliqué.
Le Haut Représentant a ajouté que le dîner était une bonne occasion de condamner fermement la répression continue du régime du président Loukachenko contre sa propre population et son soutien à la guerre de Poutine contre l’Ukraine, rappelant les mesures restrictives adoptées par l’UE. La rencontre était également l’occasion de démontrer l’engagement des ministres « à dialoguer avec le peuple biélorusse, à défaut de pouvoir le faire avec les autorités officielles ». M. Borrell a espéré que les autorités officielles de la Biélorussie seraient, à terme, élues démocratiquement et représenteraient pleinement le peuple biélorusse. De son côté, Mme Tikhanovskaïa a appelé les ministres à rejeter les élections prévues pour 2024, qui seront « fausses », « une farce ».
Le Haut Représentant, sans grands espoirs, a appelé, une nouvelle fois, le régime à libérer tous les prisonniers politiques, à mettre fin à la répression, à s'engager dans un dialogue national inclusif et à organiser des élections démocratiques.
« La coopération entre la Biélorussie démocratique et l’UE est vraiment remarquable et sans précédent », a expliqué Mme Tikhanovskaïa. Selon elle, l’UE doit développer sa stratégie complète pour protéger l’indépendance de la Biélorussie et mettre le pays sur la trajectoire du développement. « Pour l’atteindre, il est important de combler les lacunes dans les sanctions, d’amener devant la justice les proches de Loukachenko, de soutenir les forces démocratiques biélorusses et les prisonniers politiques », a-t-elle détaillé. L'opposante a une nouvelle fois souligné que l’avenir de son pays était dans l’UE (EUROPE 13291/3). (Camille-Cerise Gessant)