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Bulletin Quotidien Europe N° 13237
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INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

Emmanuel Macron préconise « une réforme profonde » du système de gouvernance mondiale

Le président français, Emmanuel Macron, a estimé nécessaire, lundi 28 août à Paris, de « prendre des risques » en vue de proposer une réforme de la gouvernance internationale - « en particulier du FMI et de la Banque mondiale » - qui pâtit d'une « crise de représentation ».

Désireux de mieux impliquer les pays émergents sous-représentés, il a indiqué qu'il proposerait à ses homologues européens de « travailler à des formats nouveaux avec l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud ».

Ces propositions aideront, selon M. Macron, à contrer le narratif de certains pays émergents qui remettent en cause le multilatéralisme et les principes onusiens établis après la Seconde Guerre mondiale sous domination occidentale. Il a notamment évoqué les pays du Golfe, qui préfèrent travailler avec l'Inde ou la Chine, « moins exigeantes », pour prêter ou investir dans les pays en développement hors des règles et des critères établis par les puissances occidentales, parmi lesquelles l'Europe, taxée par ces pays de « vieux continent déclinant démographiquement, dépendant énergétiquement, incertain technologiquement ». Il a, à ce titre, noté l'intérêt de pays comme l'Iran ou l'Argentine pour le récent sommet 'BRICS+', le format 'G20' suscitant moins d'enthousiasme, si ce n'est de l'Union africaine.

Prônant pour la France un rôle international de « puissance partenariale de confiance », le président français a évoqué plusieurs actions et théâtres d'opérations, notamment : - des initiatives prochaines pour renouveler les relations avec les pays du Maghreb et de la Méditerranée ; - « une politique de soutien à la démocratie » en Afrique en tissant de nouveaux liens avec les acteurs d'une même société afin d'éviter d'être « pris à revers » en cas d'événement majeur, comme récemment au Niger ; - une valorisation de la présence française stratégique dans la région indo-pacifique en mettant en avant « une troisième voie » de coopération qui ne soit ni celle de la Chine ni celle des États-Unis ; - la candidature française visant à intégrer l'Organisation du traité de coopération amazonienne, en y associant la Guyane française.

Ukraine. Concernant l'agression militaire russe en Ukraine, M. Macron a répété que « la Russie ne peut et ne doit pas gagner la guerre », sous peine de remettre en cause le principe d'inviolabilité de la souveraineté d'un État. « La paix, ce n'est pas reconnaître un état de fait, car ce serait préparer la guerre de demain », a-t-il ajouté, demandant à la diplomatie française d'agir pour convaincre et « éviter la division internationale ».

Selon le président français, de nouveaux traités seront nécessaires pour asseoir une paix durable à l'est de l'UE. Pour y contribuer, il a souhaité que les Européens, au sein de l'OTAN, renforcent leur autonomie militaire afin de prendre en charge la sécurité de leur voisinage.

M. Macron a aussi souligné l'importance de la Communauté politique européenne (CPE), qui se réunira à nouveau le 6 octobre, à Grenade (EUROPE 13192/1), pour penser l'Europe au sens large et développer de « l'intimité stratégique » entre pays partenaires sur des thématiques communes comme « la migration, l'énergie, la connectivité ». 

Concernant l'Union européenne, le président français a observé « un double mouvement » à venir, qui supposera des « changements institutionnels » avec, d'un côté, « une dynamique d'approfondissement » de politiques communes et, de l'autre, « l'élargissement » aux Balkans occidentaux (voir autre nouvelle). Il n'a pas exclu une Europe à « plusieurs vitesses » où certains pays pionniers montreraient la voie aux autres États membres.

Souveraineté européenne. Par ailleurs, M. Macron a appelé de ses vœux « une politique d'indépendance européenne » dans la lignée du sommet de Versailles de mars 2022 (EUROPE 12909/1), qui permette de choisir et de diversifier ses partenaires, à un moment crucial de « réallocation internationale des ressources et des innovations ».

Il a notamment préconisé « une politique énergétique clarifiée ». Pour cela, il faut « plus de renouvelables, plus de nucléaire et plus d'interconnexions électriques en Europe », a-t-il souligné, prônant la « libre circulation des électrons bas carbone en Europe ». Il a aussi admis que les partenaires n'étaient pas tous d'accord, « beaucoup de travail de conviction avec l'Allemagne » s'avérant nécessaire.

Enfin, M. Macron a plaidé pour des « politiques industrielles assumées » au niveau de l'UE, se référant à son discours de La Haye sur l'autonomie stratégique économique (EUROPE 13159/2). « L'Europe a tendance à surréglementer et à sous-investir », a-t-il noté, sans toutefois réitérer sa demande explicite de pause réglementaire dans le domaine environnemental. Et de réitérer la position française en faveur d'une politique commerciale européenne « plus réaliste » et en phase notamment avec les objectifs climatiques européens afin de « défendre la base productive européenne ».

Voir le discours de M. Macron : https://aeur.eu/f/8d6  (Mathieu Bion)

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