Le 4 avril, jour anniversaire de la signature du traité de Washington en 1949, la Finlande deviendra officiellement le 31e pays allié.
Lors d'une cérémonie organisée en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères alliés, à Bruxelles, le drapeau finlandais sera hissé aux côtés des drapeaux alliés, en présence du secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, et du président finlandais, Sauli Niinistö, et des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'organisation.
« Nous vivons une semaine historique », a souligné M. Stoltenberg devant les médias, lundi 3 avril. « La Finlande sera ainsi plus sûre et notre Alliance plus forte. (Mardi) sera un grand jour pour la sécurité de la Finlande, pour la sécurité des pays nordiques et pour l'OTAN dans son ensemble », a-t-il ajouté.
Alors qu’Helsinki et Stockholm avaient été invitées, ensemble, en juin dernier, à rejoindre l’Alliance, la procédure est toujours en cours pour la Suède, la Hongrie et la Turquie n’ayant pas encore ratifié l’adhésion du pays. M. Stoltenberg s’est dit confiant que la Suède deviendrait un membre de l’Alliance. Il a aussi rappelé que tous les Alliés convenaient que l'adhésion de la Suède devait être achevée rapidement.
Ukraine. Après la cérémonie, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN se réuniront avec leur homologue ukrainien, Dmytro Kuleba, pour une commission OTAN-Ukraine afin de discuter du soutien des Alliés, notamment des moyens de continuer à renforcer les forces armées.
« Rien n'indique que le président Poutine se prépare à la paix. Il se prépare à plus de guerre », a estimé M. Stoltenberg. Selon lui, les Alliés sont « unis » dans leur « détermination à maintenir le cap » et pour soutenir l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra. Jusqu’à présent, les Alliés ont déboursé 65 milliards d'euros d'aide militaire, a expliqué le secrétaire général, se réjouissant que des chars de combat modernes et d'autres véhicules blindés aient commencé à arriver en Ukraine. « Cela peut faire une réelle différence sur la ligne de front et permettre aux forces ukrainiennes de libérer davantage de territoires », a-t-il expliqué.
Au-delà du soutien immédiat, les ministres devraient discuter du soutien à plus long terme et décider, selon M. Stoltenberg, de commencer à travailler à l'élaboration d'un programme pluriannuel pour l'Ukraine. Il s’agira d’un « partenariat à long terme, non seulement pour aider l’Ukraine à se défendre, mais aussi à se rapprocher de l’OTAN en mettant en œuvre des réformes, en continuant de moderniser ses institutions de défense et de sécurité, y compris concernant la lutte contre la corruption, et en l’aidant à passer des équipements, normes et doctrines de l'ère soviétique à ceux de l'OTAN », a expliqué le secrétaire général.
Mercredi, les Alliés discuteront des menaces et des défis dans la zone sud de l’Alliance, y compris l’instabilité, le terrorisme et l’influence grandissante de l’Iran, la Russie et la Chine, selon M. Stoltenberg.
Investissements. Les ministres se pencheront sur la préparation du sommet de Vilnius, en juillet, et notamment sur les dépenses en termes d’investissement de défense. « Il est essentiel que nous investissions davantage dans la défense », a souligné une nouvelle fois le secrétaire général. Il a rappelé qu’il attendait des Alliés qu’ils prennent, lors du sommet, un nouvel engagement ambitieux en matière d'investissement dans la défense, avec 2% du PIB pour la défense « comme plancher, et non comme plafond ». Une ambition soutenue par les États-Unis.
Les Alliés discuteront également avec leurs partenaires de la région indopacifique (Australie, Japon, Nouvelle-Zélande et Corée du Sud) et le Haut Représentant de l’UE, du renforcement de leur coopération dans des domaines tels que la cyberdéfense, les nouvelles technologies et la lutte contre la désinformation. Ils s'entretiendront aussi sur l’alignement croissant de la Chine avec la Russie et sur les conséquences mondiales de la guerre en Ukraine.
Dans ce cadre, l’arrestation et l’emprisonnement du journaliste américain Evan Gershkovich pourraient être mentionnés. Lundi, le secrétaire général de l'OTAN a appelé à sa libération immédiate. (Camille-Cerise Gessant)