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Bulletin Quotidien Europe N° 13129
Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine

Un an après l’invasion russe, la communauté internationale appelle à la fin immédiate de la guerre

La communauté internationale a appelé, jeudi 23 et vendredi 24 février, à l’occasion du premier anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine, à la fin immédiate du conflit.

Jeudi 23, dans la soirée, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté, par 141 voix pour, contre 7 (Biélorussie, Corée du Nord, Érythrée, Mali, Nicaragua, Russie et Syrie) et 32 abstentions (y compris la Chine, l’Inde, l’Iran, l’Arménie, et l’Afrique du Sud), une résolution non contraignante appelant à parvenir « dans les meilleurs délais, à une paix globale, juste et durable en Ukraine, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies ».

Appelant à une « cessation des hostilités », l’Assemblée générale demande à la Russie de retirer immédiatement, complètement et sans condition toutes ses forces militaires du territoire ukrainien à l’intérieur des frontières internationalement reconnues du pays.

Elle exhorte également à la cessation immédiate des attaques contre les infrastructures critiques de l’Ukraine et de toute attaque délibérée contre des biens civils.

Selon l’Assemblée générale, il faut ouvrir des enquêtes et engager des poursuites appropriées, équitables et indépendantes aux niveaux national ou international pour que les auteurs des crimes les plus graves commis sur le territoire ukrainien répondent de leurs actes.

Ce large vote a été salué par le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, présent à New York. « Il s'agit d'une majorité écrasante de la communauté internationale et cela confirme le très haut niveau de soutien dont bénéficie l'Ukraine en tant que victime de l'agression russe », a-t-il souligné.

Voir la résolution onusienne : https://aeur.eu/f/5i7

Les Occidentaux rappellent leur soutien à l’Ukraine

Le G7, l’UE et l’OTAN ont également rendu hommage à la population ukrainienne et rappelé qu’ils poursuivront leur soutien à l’Ukraine autant qu'il le faudra.

Après leur réunion virtuelle avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, les chefs d'État ou de gouvernement du G7 ont souligné, dans une déclaration commune, qu'ils étaient « déterminés à renforcer [leur] soutien diplomatique, financier et militaire en faveur de l’Ukraine, à accroître le coût de la guerre pour la Russie et pour ceux qui soutiennent son effort de guerre et à continuer de lutter contre les répercussions néfastes de la guerre sur le reste du monde ».

« Nous demeurons déterminés à coordonner nos efforts pour répondre aux besoins urgents de l’Ukraine en matière d’équipements militaires et de défense, en ciblant en priorité les systèmes et les capacités de défense aérienne et les munitions et les chars d’assaut nécessaires », ont-ils promis, réaffirmant également leur volonté de contribuer au maintien de la stabilité économique et financière de l’Ukraine. Ils ont ainsi demandé à leurs ministres de poursuivre leur collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI) et l’Ukraine afin d’élaborer un programme ambitieux d’ici fin mars 2023 (EUROPE 13128/3).

Le G7 a prévenu qu'il adopterait des sanctions supplémentaires, y compris ciblées, et a menacé ceux qui cherchent à contourner ou à affaiblir leurs mesures de « coûts sévères », s'ils poursuivent leur aide matérielle.

« Nous maintiendrons, mettrons pleinement en œuvre et étendrons les mesures économiques déjà prises, notamment en prévenant tout évitement ou contournement de celles-ci et en y réagissant grâce à la mise en place d’un mécanisme coordonnant leur exécution afin de renforcer leur respect et leur mise en œuvre et d’empêcher la Russie de tirer profit des économies des pays du G7 », ont annoncé les dirigeants du G7.

De plus, le G7 s'est engagé à harmoniser encore leurs mesures contre les acteurs de pays tiers qui apportent un soutien matériel à la guerre menée par la Russie, « en particulier les interdictions de transit ou de services, notamment pour éviter leur contournement par la Russie ».

Les chefs d'État ou de gouvernement annoncent qu'ils prendront de nouvelles mesures pour empêcher la Russie d’avoir accès à des intrants alimentant ses secteurs militaire et manufacturier, notamment en matière de fabrication de machines industrielles, d’outillage, de matériel de construction ou d’autres technologies utilisées pour la reconstruction de sa machine de guerre.

Ils préviennent aussi qu'ils continueront à affaiblir les revenus de la Russie, sur la base des mesures déjà adoptées, notamment les interdictions d’exporter et l’application d’un plafond tarifaire au pétrole brut et aux produits pétroliers raffinés russes transportés par voie maritime. Les dirigeants prendront aussi de nouvelles mesures relatives au secteur financier russe, en ciblant de nouvelles institutions financières russes pour empêcher le contournement des mesures qu'ils ont prises.

Enfin, le G7 compte s'attaquer aux diamants - sujet sensible pour la Belgique. « Compte tenu des revenus importants que la Russie tire des exportations de diamants, nous travaillerons ensemble à l’adoption de nouvelles mesures portant sur les diamants russes, qu’ils soient bruts ou polis, en veillant à associer des partenaires clés », précise la déclaration.

« La Russie a commencé cette guerre ; elle peut y mettre fin », ont rappelé les dirigeants, appelant donc Moscou à retirer son armée d'Ukraine. 

Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/5i9

Les discussions sur les sanctions européennes patinent

Si le G7 s'est montré ambitieux sur de nouvelles sanctions, les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE poursuivaient, à l'heure de notre bouclage, leurs discussions concernant le 10e paquet de sanctions (EUROPE 13128/2). La question des importations de caoutchouc synthétique de Russie continuait de diviser les États.

La Pologne jugerait insuffisantes les restrictions proposées alors que l'Italie voudrait une longue période de transition, pour laisser à son industrie des pneumatiques le temps de trouver d'autres sources d'approvisionnement. 

Aucun repos

La veille, les « membres du Conseil européen » ont prévenu, dans une déclaration commune, qu’ils ne « prendraient pas de repos » tant que l’Ukraine n’aurait pas gagné la guerre. « Avec nos partenaires internationaux, nous ferons en sorte que l'Ukraine l'emporte, que le droit international soit respecté, que la paix et l'intégrité territoriale de l'Ukraine à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues soient rétablies, que l'Ukraine soit reconstruite et que justice soit faite », ont-ils expliqué.

L’agression russe est « un crime contre la paix. Elle viole la Charte des Nations unies, les principes des Nations unies et les valeurs de l'humanité. Nous ne pouvons et ne devons pas rester passifs devant de tels crimes », ont rappelé les dirigeants européens, qui ont souligné leur détermination à faire en sorte que tous les responsables des crimes de guerre et autres crimes les plus graves commis soient tenus de rendre des comptes.

« L'UE continuera à soutenir l'Ukraine sur les plans politique, économique, humanitaire, financier et militaire, notamment par des achats rapides et coordonnés auprès de l'industrie européenne », ont également promis les membres du Conseil européen, précisant qu’ils « s’(efforceront) d'utiliser les actifs russes gelés et immobilisés pour la reconstruction de l’Ukraine conformément au droit européen et international ».

Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/5i6

L’OTAN estime que « la Russie n’est pas parvenue à briser la détermination ni à entamer le courage du peuple ukrainien ». « Un an après l’invasion, les Ukrainiens continuent de défendre vaillamment leur liberté et leur indépendance. Nous sommes à leurs côtés », a souligné dans une déclaration le Conseil de l’Atlantique-Nord, ajoutant que les Alliés allaient encore intensifier le soutien politique et pratique qu’ils apportent à l’Ukraine et demeuraient déterminés à maintenir sur la Russie une pression coordonnée au niveau international.

Le Conseil de l’Atlantique-Nord a rappelé que la Russie portait « l’entière responsabilité de cette guerre ». Selon lui, « à aucun moment » elle ne s’est montrée véritablement prête à travailler à une paix juste et durable.

Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/5i4  (Camille-Cerise Gessant)

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