Les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE discuteront une nouvelle fois, jeudi 23 février, du 10e paquet de sanctions à l’encontre de la Russie.
Si l’objectif initial portait davantage sur une approbation par les ambassadeurs, mercredi 22, ces derniers ont besoin de plus de temps. Selon un diplomate, ils ont avancé sur plusieurs sujets techniques, mais il reste quelques éléments à clarifier, notamment sur les exigences en matière de reporting et sur des quotas d’importation de certains biens.
L’objectif est d’atteindre un accord ce jeudi afin de pouvoir adopter officiellement les sanctions, via procédure écrite, le 24 février, jour anniversaire de l’invasion russe en Ukraine.
Plus tôt dans la journée, la ministre ukrainienne de l’Économie, Yulia Svyrydenko, s’était entretenue avec les ambassadeurs des États membres pour leur faire part de ses attentes. Devant les médias, Mme Svyrydenko a notamment souhaité que l’UE sanctionne davantage le secteur financier russe, qu’elle sanctionne le nucléaire - y compris Rosatom -, mais aussi les propagandistes et les organisations responsables de la déportation d’enfants ukrainiens en Russie.
Elle a également discuté avec les ambassadeurs de la lutte contre le contournement des sanctions.
Ce contournement a également été mentionné par l’ambassadeur américain auprès de l’UE, Mark Gitenstein, lors d’une rencontre avec des journalistes à Bruxelles. Soulignant la volonté de lutter contre le contournement, il a reconnu que « ce n'est pas facile à faire ». « Ce n'est pas facile à faire au sein des États membres, c'est encore plus difficile à faire à l'extérieur », a-t-il expliqué. Les États-Unis et l’UE ont renforcé leur coordination concernant le contrôle des exportations à destination de la Russie alors que les États membres de l'UE sont chargés de mettre en œuvre les sanctions.
Par ailleurs, l'envoyé de l'UE pour les sanctions, David O'Sullivan, va convoquer, ce jeudi, le premier forum des coordinateurs des sanctions afin d'assurer la pleine mise en œuvre des mesures adoptées et de lutter contre leur éventuel contournement par des pays tiers. (Camille-Cerise Gessant)