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Bulletin Quotidien Europe N° 13126
POLITIQUES SECTORIELLES / Affaires intÉrieures

Logiciels espions et État de droit, selon les responsables de la mission du Parlement européen en Hongrie, la situation est l'une des « pires » dans l'UE

Le président de la commission d’enquête PEGA du Parlement européen sur les logiciels espions et les rapporteurs de PEGA, les Néerlandais Jeroen Lenaers (PPE) et Sophie in 't Veld (Renew Europe), ont dressé, mardi 21 février, un bilan accablant de leur visite en Hongrie, estimant notamment que la situation dans le pays est « l’une des pires dans l’UE » en termes de recours et de protection des personnes mises sur écoute.

Les deux responsables ont effectué avec 8 élus une mission de deux jours dans le pays, au cours de laquelle ils ont notamment rencontré les dirigeants de la commission de la sécurité nationale de l'Assemblée nationale hongroise, le président de l'Autorité nationale pour la protection des données et la liberté d'information, des représentants des partis d’opposition, des journalistes et des représentants d'ONG.

En revanche, ils n’ont pas rencontré le gouvernement, qui a « refusé un dialogue ouvert », ni la ministre de la Justice, Judit Varga, qui « nous a attaqués avec des théories conspirationnistes », a dit le Néerlandais.

La mission n’a en tout cas pas permis aux élus d’en savoir davantage sur les raisons pour lesquelles des citoyens, comme des journalistes, ont pu être écoutés par le biais du logiciel Pegasus et les explications très larges faisant référence à la sécurité nationale n’ont pas convaincu. Ces écoutes ainsi que le contrôle politique plus large du gouvernement sur les médias hongrois « sont une sérieuse atteinte à l’État de droit », a indiqué le président de PEGA, appelant le gouvernement hongrois à instaurer des voies légales de recours pour les citoyens visés par les écoutes, notifier les cibles de surveillance et spécifier les types de crimes qui justifient cette surveillance.

Les deux élus ont estimé que le recours aux logiciels espions justifie encore plus le besoin d’un « système judiciaire indépendant et impartial ». Ils ont aussi déploré le fait que la commission de sécurité nationale du parlement hongrois n’ait pas pu mener d’enquête sur l’utilisation de Pegasus, faute de majorité suffisante.

Le rapport de la commission PEGA sera finalisé en avril. (Solenn Paulic)

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