Députés européens et parlementaires des 79 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique membres de l'Organisation des États ACP (OEACP) et partenaires de l'UE au titre de l'Accord de Cotonou plaident de concert pour la justice climatique et une approche de l'action climatique fondée sur les droits de l'homme, à l'occasion de la COP27 de Charm El Cheikh (6-18 novembre) et au-delà.
Ce plaidoyer est au cœur d'une résolution d'urgence sur 'Les enjeux mondiaux de la coopération en matière de lutte contre le changement climatique pour l’adaptation et l’atténuation dans le prolongement de la COP27', adoptée mercredi 2 novembre à Maputo (Mozambique) par l'Assemblée parlementaire paritaire (APP) ACP-UE (EUROPE 13053/19).
« Il s'agit d'un sujet d'une importance cruciale pour tous nos pays, en particulier pour les petits États insulaires en développement. La justice climatique ne peut être un concept vide. Elle doit être une plateforme d'action rapide pour réduire et atténuer équitablement les impacts du réchauffement climatique de manière équitable », selon le coprésident européen de l'APP, Carlos Zorrinho (S&D, portugais).
Au-delà de prendre position en vue de la COP27 en réaffirmant son « engagement de s’appuyer sur des efforts conjoints en faveur d’une action climatique ambitieuse », qui passe notamment par « le financement durable de la lutte contre le changement climatique, l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à celui-ci ou les pertes et les dommages », l'APP insiste sur l'importance d’adopter une approche fondée sur les droits de l’homme dans l’action pour le climat, y compris l’intégration de la dimension des droits de l’homme dans les contributions déterminées au niveau national (NDCs en anglais, ou CDN).
Solliciter un avis de la Cour internationale de justice. En particulier, l'APP appelle l’UE et ses États membres et les pays de l’OEACP à adopter la résolution de la 77e Assemblée générale des Nations unies visant à obtenir un avis consultatif de la Cour internationale de justice sur les obligations des États, en vertu du droit international, de protéger les droits des personnes et des individus des générations présentes et futures contre les effets néfastes du changement climatique.
Le Vanuatu, chef de file de cette initiative à l’Assemblée générale des Nations Unies, est soutenu par 2 pays européens : le Portugal et l’Allemagne.
« Il s’agit de savoir en quoi la crise climatique et la non-action d’un pays pour l’atténuer pourraient constituer, au niveau international, une infraction au cadre légal sur la protection des droits de l’homme et pourraient constituer une base légale pour attaquer ce pays », a expliqué à EUROPE la vice-présidente de l'APP, Maria Arena (S&D, belge).
Et d'ajouter : « L’objectif est que, d’ici décembre, un maximum de pays européens et ACP soutiennent l’initiative pour obtenir une majorité à l’Assemblée générale des Nations Unies de décembre pour que la question soit posée. Comme l’Assemblée paritaire ACP-UE est une assemblée interparlementaire, on se sert de cette APP pour être porte-voix. Nous initions un processus politique au départ de l’APP ».
Voir la résolution : https://aeur.eu/f/3vl (Aminata Niang)